CNRACL : régime spécial à l’équilibre malgré les ponctions de l’Etat

CNRACL : régime spécial à l'équilibre malgrè les ponctions de l'Etat

4 décembre 2019

Les régimes spéciaux de retraite ne concernent que 3% des retraités. Et à l’hôpital, notre régime spécial est bien loin des #fakenews du gouvernement : depuis 1974, au titre de la solidarité inter-régimes, 75 milliards d’euros ont été versés par la CNRACL au Régime Général !

La Caisse Nationale de Retraites des Agents des Collectivités Locales (CNRACL) est le régime spécial de la Sécurité Sociale chargé de l’assurance vieillesse des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, qui fonctionne sur le principe de la répartition : les cotisations versées par les actifs servent au paiement des retraites. Elle ne couvre que les agents titulaires et stagiaires, les contractuels étant couverts pour la retraite par la CNAV et l’IRCANTEC.

Avec 1,7 cotisants pour un retraité, ce régime spécial est bénéficiaire. Voici les chiffres clés pour l’année 2017 :
- 21,1 Md€ de cotisations perçues de 2,2 M de cotisants
- 19,4 Md€ de prestations versées à 1,3 M de pensionnés
- soit 1,7 Md€ de marge, mais l’Etat spolie les hospitaliers en ponctionnant "1,4 Md€ de compensation inter-régimes"

Source https://www.cnracl.retraites.fr/nous-connaitre/presse/chiffres-cles/chiffres-cles-2017

Les réserves n’ont pas servi à préparer l’avenir mais ont été détournées par l’Etat dans le cadre de la compensation et surcompensation, pour financer les déficits d’autres régimes de retraite. Depuis 1974, au titre de la solidarité inter-régimes, 75 milliards d’euros ont été versés par la CNRACL.

Dans la FPH, le contact avec les malades est toujours un motif de classification en catégorie active pour le personnel soignant, mais plus pour les infirmiers recrutés depuis 2010 en catégorie A, ce qui est anormal au vu de la pénibilité du travail infirmier.

Aujourd’hui :
- pour les infirmières du secteur public, il n’y a plus aucune mesure de pénibilité depuis la réforme Bachelot de 2010 (chantage retraite ou salaire lors du passage en catégorie A)
- pour les infirmières du secteur privé, le "compte pénibilité" est une usine à gaz inefficace et inadaptée, alors que la pro­fes­sion d’infir­mier cumule plu­sieurs fac­teurs de péni­bi­lité au tra­vail avec la manu­ten­tion de patients, le tra­vail de nuit, le tra­vail en équipes suc­ces­si­ves alter­nan­tes, l’expo­si­tion à des agents chi­mi­ques dan­ge­reux comme les chi­mio­thé­ra­pies,…

Nous réclamons une "reconnais­sance de la péni­bi­lité de la pro­fes­sion, dans le public comme dans le privé. Car l’espé­rance de vie d’une infir­mière, c’est 78 ans, contre 85 ans pour toutes les Françaises (caisse de retraite CNRACL). De même, 30 % des aides-soi­gnan­tes et 20 % des infir­miè­res partent en retraite avec un taux d’inva­li­dité" précise Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat natio­nal des pro­fes­sion­nels infir­miers (SNPI CFE-CGC), qui repré­sente des pro­fes­sion­nels de l’hôpital, des cli­ni­ques, des EHPAD et des entre­pri­ses.

Pour le SNPI CFE-CGC, il faut reconnaî­tre à nou­veau la péni­bi­lité de notre tra­vail. La réforme des retrai­tes de François Fillon en 2003 avait établi une boni­fi­ca­tion d’un an tous les 10 ans, qui a été ensuite sup­pri­mée par Roselyne Bachelot lors du pas­sage en caté­go­rie A : puis­que nous étions mieux payés, notre tra­vail n’était plus péni­ble...

Que l’on soit en caté­go­rie A ou B, dans le public ou dans le privé, les condi­tions de tra­vail sont les mêmes. Le SNPI CFE-CGC, syn­di­cat des infir­miè­res sala­riées, estime qu’il est aber­rant que pour un même métier coexis­tent des âges de départ à la retraite dif­fé­rents. D’autant plus que les jeunes infir­miers pas­sent régu­liè­re­ment d’un exer­cice à l’autre. Aussi, qu’ils exer­cent dans le sec­teur public ou dans le sec­teur privé, nous récla­mons pour les infirmières une majo­ra­tion de durée d’assu­rance d’un an pour dix ans, au tra­vers d’un départ anti­cipé à la retraite, qui reconnaît la péni­bi­lité du métier.

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