Fakenews sur une hausse des salaires de juillet pour les soignants

Fakenews, hausse salaires soignants, SNPI, Thierry Amouroux

22 juin 2020

Une communication trompeuse après la mobilisation du 16 juin

De nom­breux arti­cles de presse ont relayé une dépê­che AFP pré­ci­sant qu’un projet d’accord dis­cuté ven­dredi entre Nicole Notat et les syn­di­cats pré­voit une reva­lo­ri­sa­tion à comp­ter du 1er juillet. Après la forte mobi­li­sa­tion du 16 juin, avec 250 ras­sem­ble­ments dans tout le pays réu­nis­sant 200.000 per­son­nes autour des hôpi­taux et des soi­gnants, le gou­ver­ne­ment s’est lancé dans une opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion.
https://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Mobilisation-uni­taire-16-juin-hopi­tal-EHPAD.html

« Premièrement, toute mesure de cette ampleur néces­site le vote d’une loi. Le gou­ver­ne­ment a annoncé que ce sera à l’occa­sion du projet de loi de finan­ce­ment de la sécu­rité sociale (PLFSS), qui sera débattu à l’automne, et voté au plus tard en décem­bre. Il faudra ensuite la paru­tion des textes régle­men­tai­res (décret et arrêté), les agents n’auront donc rien sur leur bul­le­tin de paie avant fin décem­bre », résume Thierry Amouroux, le porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI CFE-CGC. Par exem­ple, pour la simple prime COVID19 annon­cée en avril, les décrets sont parus les 14 mai, 8 et 12 juin, pour une arri­vée sur les salai­res fin juin. « Cette fake­news est délé­tère car elle donne de faux espoirs aux soi­gnants, sou­vent confron­tés à une perte de reve­nus fami­liaux du fait de leur conjoints vic­ti­mes de la crise économique. »

« Deuxièmement, les négo­cia­tions n’ont pas encore com­mencé. Le minis­tre n’était pas là lors de la réu­nion de ven­dredi matin. Le docu­ment écrit n’est pas un projet d’accord, mais un simple écrit, qui ne com­porte aucun mon­tant : ni le nombre de mil­liards consa­crés au projet, ni le mon­tant final de la reva­lo­ri­sa­tion (ex 300 euros/mois), ni les étapes (ex palier de 100 euros par an pen­dant 3 ans), ni les métiers concer­nés (les infir­miè­res et aides-soi­gnants ? tous les pro­fes­sion­nels de santé ? l’ensem­ble des hos­pi­ta­liers ?). » A l’issue des négo­cia­tions avec le minis­tre, les syn­di­cats consul­te­ront les sala­riés, aucun projet ne sera acté avant mi-juillet. Ensuite les par­le­men­tai­res pour­ront amen­der le projet de loi qui leur sera pré­senté.

La demande de reva­lo­ri­sa­tion sala­riale est simple : les pro­fes­sion­nels infir­miers sont sous-payés en France selon toutes les enquê­tes inter­na­tio­na­les et natio­na­les (OCDE, INSEE, DRESS). « Pour attein­dre le salaire infir­mier moyen euro­péen, nous récla­mons une hausse sala­riale de 300 euros par mois pour tous les infir­miers sala­riés (public ou privé), quel que soit leur grade ou leur ancien­neté, sous forme de points d’indi­ces (pas de primes) », annonce Thierry Amouroux.

Voir l’inter­ven­tion du SNPI lors du jour­nal de 20h de France2, et sur CNEWS le 21 juin 2020 (extrait vidéo 2mn)
https://twit­ter.com/i/status/1274625034464698369

- https://www.fran­cet­vinfo.fr/sante/mala­die/coro­na­vi­rus/salaire-des-soi­gnants-une-future-hausse-en-juillet_4017597.html
- https://www.cadu­cee.net/actua­lite-medi­cale/14971/segur­de­la­sante-le-snpi-denonce-la-fake­news-sur-une-hausse-des-salai­res-de-juillet-pour-les-soi­gnants.html
- https://www.actu­soins.com/332928/hausse-des-salai­res-pour-les-soi­gnants-en-juillet-le-snpi-denonce-une-ope­ra­tion-de-com­mu­ni­ca­tion.html

En ce moment les hôpi­taux fer­ment des lits

En 20 ans, 95 ser­vi­ces d’urgen­ces et 100.000 lits ont été fermés, selon la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (Drees). « Nous deman­dons sim­ple­ment que les capa­ci­tés d’accueil à l’hôpi­tal soient dignes d’une sixième puis­sance mon­diale », résume Thierry Amouroux, le porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI CFE-CGC, qui réclame « la réou­ver­ture de 20.000 lits. Avec 5 fois plus de lits de réa­ni­ma­tions (5000 vs 25000), l’Allemagne a eu 4 fois moins de morts par le COVID19. »

Pendant la vague épidémique, les hopi­taux ont du fermer des lits, en rédui­sant dras­ti­que­ment l’acti­vité pro­gram­mée en chi­rur­gie, ainsi que le suivi des patients chro­ni­ques :
- d’une part les cham­bres dou­bles ont été trans­for­mées en cham­bre simple,
- d’autre part en fer­mant 3 salles clas­si­ques pour ouvrir une salle COVID19, car il faut une infir­mière pour 4 à 6 patients COVID19, alors qu’il n’y a sou­vent que 2 ou 3 infir­miè­res pour 30 patients dans les salles clas­si­ques

Or depuis la mi-mai, on cons­tate sur le ter­rain, des direc­tions d’hôpi­taux qui ne rou­vrent pas les lits fermés : com­bien de patients chro­ni­ques seront ainsi sacri­fiés ?

Le sym­bole : Vous vous sou­ve­nez du manque de lits lors de la vague covid19 en Grand Est ? Pas l’ARS, qui va fermer 14 lits de réa­ni­ma­tion dans deux hôpi­taux stras­bour­geois, 7 lits sur le site de Hautepierre et 7 autres sur le nouvel hôpi­tal civil de Strasbourg
https://www.what­sup­doc-lemag.fr/arti­cle/alsace-des-fer­me­tu­res-de-lits-stras­bourg

Quelques autres exem­ples :
- CHU de Tours (37) : 350 sup­pres­sions de lits et 400 sup­pres­sions de postes
https://www.fran­ce­bleu.fr/infos/sante-scien­ces/au-chru-de-tours-les-restruc­tu­ra­tions-se-pour­sui­vent-denon­cent-les-syn­di­cats-1590502786
- hôpi­tal psy­chia­tri­que du Vinatier près de Lyon (69) : fer­me­tu­res de 120 lits et de ser­vi­ces
https://actu.fr/auver­gne-rhone-alpes/bron_69029/pres-de-lyon-le-per­son­nel-de-l-hopi­tal-le-vina­tier-depose-un-prea­vis-de-greve-pour-le-9-juin_33881351.html
- La colère des per­son­nels du CHU de Saint-Étienne (42) contre des restruc­tu­ra­tions
https://www.fran­ce­bleu.fr/infos/sante-scien­ces/la-colere-des-per­son­nels-du-chu-de-saint-etienne-apres-des-restruc­tu­ra­tions-deci­dees-en-pleine-crise-1589470679
- l’hôpi­tal de Besançon (25) sup­prime 15 lits
https://www.fran­ce­bleu.fr/infos/sante-scien­ces/en-plein-segur-de-la-sante-le-chu-de-besan­con-va-sup­pri­mer-15-lits-1590749649

Le SNPI réclame 10 % de per­son­nel en plus dans les hôpi­taux, c’est-à-dire la créa­tion de 20.000 postes. Ce qui va per­met­tre d’établir des ratios de patients par infir­mière selon les ser­vi­ces (sur l’exem­ple de la réa, dia­lyse…). Et le dou­ble­ment des effec­tifs dans les EHPAD, pour attein­dre le ratio agents/rési­dents de l’Allemagne et des pays nor­di­ques.

Voir la vidéo de 5mn, de Thierry Amouroux, le porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI CFE-CGC, réa­li­sée lors d’une confé­rence de presse des orga­ni­sa­tions infir­miè­res, le 9 juin 2020 :

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