La période d’essai peut-elle être rompue ?

31 août 2013

Pendant l’essai, le contrat de tra­vail peut être libre­ment rompu par le sala­rié ou par l’employeur, sans qu’il soit besoin de moti­ver cette rup­ture, et sans indem­nité (sauf dis­po­si­tion conven­tion­nelle contraire). Les règles de pro­cé­dure concer­nant le licen­cie­ment ne s’appli­quent pas.

L’employeur et, dans cer­tains cas, le sala­rié, doi­vent tou­te­fois res­pec­ter un délai de pré­ve­nance.
Ainsi, lorsqu’il est mis fin, par l’employeur, au contrat en cours ou au terme de la période d’essai défi­nie aux arti­cles L. 1221-19 à L. 1221-24 du Code du tra­vail (voir ci-dessus), le sala­rié est pré­venu dans un délai qui ne peut être infé­rieur à :
 vingt-quatre heures en deçà de 8 jours de pré­sence ;
 qua­rante-huit heures entre 8 jours et 1 mois de pré­sence ;
 deux semai­nes après 1 mois de pré­sence ;
 un mois après 3 mois de pré­sence.

La période d’essai, renou­vel­le­ment inclus, ne peut être pro­lon­gée du fait de la durée du délai de pré­ve­nance. A noter que dans un arrêt du 23 jan­vier 2013 auquel on se repor­tera la Cour de cas­sa­tion a consi­déré que la rup­ture par l’employeur du contrat de tra­vail, sans res­pect du délai de pré­ve­nance men­tionné ci-dessus, mais avant le terme de la période d’essai, ne s’ana­ly­sait pas en un licen­cie­ment ; en l’espèce, l’employeur, tenu à un délai de pré­ve­nance d’un mois (voir ci-dessus), avait versé au sala­rié une indem­nité com­pen­sa­trice équivalent à un mois de salaire.

Les dis­po­si­tions ci-dessus rela­ti­ves au délai de pré­ve­nance s’appli­quent également à la rup­ture, pen­dant la période d’essai, d’un CDD sti­pu­lant un essai d’au moins une semaine.

Pour sa part, le sala­rié qui met fin à la période d’essai res­pecte un délai de pré­ve­nance de 48 heures. Ce délai est ramené à 24 heures si la durée de pré­sence du sala­rié dans l’entre­prise est infé­rieure à 8 jours.

Si la liberté de rup­ture de la période d’essai est la règle, un cer­tain nombre de limi­tes ont été posées à cette liberté, notam­ment par la Cour de cas­sa­tion. Ainsi :
 la rup­ture de la période d’essai ne peut être fondée sur un motif dis­cri­mi­na­toire ;
 si cette rup­ture est fondée sur un motif dis­ci­pli­naire, l’employeur doit res­pec­ter la pro­cé­dure dis­ci­pli­naire ;
 l’employeur doit obte­nir l’auto­ri­sa­tion de l’ins­pec­teur du tra­vail pour rompre la période d’essai d’un sala­rié pro­tégé.

Par ailleurs, l’employeur ne doit pas faire un usage abusif du droit qui lui est reconnu de rompre la période d’essai à tout moment ; un employeur a ainsi été condamné à verser des dom­ma­ges-inté­rêts au sala­rié pour avoir mis fin à sa période d’essai une semaine après le début des rela­tions contrac­tuel­les, alors même que le sala­rié, âgé de 45 ans, venait de démis­sion­ner de son emploi pré­cé­dent, qu’il effec­tuait un stage d’adap­ta­tion aux tech­ni­ques de la société et qu’il n’avait pas encore été mis en mesure d’exer­cer les fonc­tions qui lui avaient été attri­buées.

Même solu­tion en pré­sence d’une période d’essai d’une durée d’un mois, à laquelle l’employeur met fin au bout de deux jours de tra­vail, sans avoir pu, pré­ci­sent les juges, appré­cier la valeur pro­fes­sion­nelle du sala­rié. De manière géné­rale, comme le rap­pelle la Cour de cas­sa­tion, « la période d’essai étant des­ti­née à per­met­tre à l’employeur d’appré­cier la valeur pro­fes­sion­nelle du sala­rié, est abu­sive sa rup­ture moti­vée par des consi­dé­ra­tions non inhé­ren­tes à la per­sonne du sala­rié ».

Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Référentiels d’activités et de compétences 2026 : le socle du nouveau diplôme infirmier

La réforme de la formation infirmière, publiée au Journal officiel par l’arrêté du 20 février (…)

Cancer du sein et travail de nuit : la justice reconnait les risques pour les infirmières

Soigner la nuit est indispensable. Mais le système de santé protège-t-il vraiment celles qui (…)

Formation : à Parme, l’Europe prépare l’avenir de la profession infirmière (FINE 2026)

Vieillissement de la population, pénurie d’infirmières, maladies chroniques en hausse : l’Europe (…)

Prévention et parcours : la profession infirmière au cœur du premier recours

La prévention est aujourd’hui au cœur des discours publics. Pourtant, elle reste encore (…)

Arrêté formation infirmière 2026 : une réforme pour adapter les compétences

Pendant plus de quinze ans, la formation infirmière s’est appuyée sur le référentiel de 2009. Un (…)

Handicap : le rôle infirmier, clé d’un accès aux soins réellement inclusif

Accéder aux soins ne devrait jamais être un combat. Pour de nombreuses personnes en situation de (…)