Décentralisation de la formation

24 janvier 2006

Lors du CSPPM (Conseil Supérieur des Professions Paramédicales) du 18 juillet, la Direction Générale de la Santé a pré­senté le projet de texte sur la décen­tra­li­sa­tion de la for­ma­tion, confor­mé­ment à la loi n°2004-809 rela­tive aux liber­tés et res­pon­sa­bi­li­tés loca­les. Le projet d’agré­ment des Instituts de Formation (dont ceux des cadres de santé et d’infir­miers spé­cia­li­sés) et des Directeurs a donc été exa­miné.

La DGS a donc pu nous pré­ci­ser que seules les créa­tions seront sou­mi­ses à ce dis­po­si­tif (les fusions d’ins­ti­tuts exis­tants ne sont pas consi­dé­rées comme des créa­tions), mais qu’elle envi­sage que les ins­ti­tuts déjà créés puis­sent être soumis à une pro­cé­dure pério­di­que de réa­gré­ment, afin que tous les Instituts soient trai­tés de la même manière.

A cette occa­sion, le res­pect de la régle­men­ta­tion rela­tive à la qua­li­fi­ca­tion des direc­teurs a été réaf­firmé, face aux dif­fé­ren­ces notoi­res cons­ta­tées entre le sec­teur public et le sec­teur privé.

Pour la DGS, la situa­tion des « fai­sant fonc­tion » est sensée être tem­po­raire (suite à la pénu­rie de cadres de santé) et la notion de ratio ne peut être envi­sa­gée que comme une norme de sécu­rité et non pas comme un idéal à attein­dre.

La majo­rité des mem­bres de la com­mis­sion, non satis­faits des répon­ses obte­nues et inquiets de l’appli­ca­tion au niveau de la région s’est abs­te­nue sur ce texte (2 voix pour, 4 contre et 9 abs­ten­tions) fixant les nou­vel­les règles appli­ca­bles pour la répar­ti­tion régio­nale des nou­veaux Instituts et des nou­veaux direc­teurs (agré­ment pure­ment admi­nis­tra­tif). Mais l’avis du CSPPM étant pure­ment consul­ta­tif ... Vivement un Ordre Infirmier pour repré­sen­ter les inté­rêts de la pro­fes­sion infir­mière !

Des iné­ga­li­tés entre étudiants

Par ailleurs, le fait que les aides socia­les dépen­dent main­te­nant des régions signi­fie qu’un étudiant breton ne béné­fi­ciera pas des mêmes aides socia­les qu’un étudiant pari­sien, chaque Conseil Régional étant libre du mon­tant et des cri­tè­res d’attri­bu­tion.
Dans un contexte actuel de pénu­rie, les régions qui sont à la recher­che de per­son­nel infir­mier pour­raient même ne pro­po­ser des aides qu’aux étudiants qui res­tent tra­vailler dans la région.

Sans nier ces pro­blè­mes régio­naux, nous esti­mons que l’étudiant doit être libre de pou­voir tra­vailler où il le sou­haite, car les aides socia­les sont attri­buées selon des cri­tè­res de res­sour­ces afin de per­met­tre aux étudiants dans le besoin de pou­voir assu­rer leur for­ma­tion. Faute de trou­ver des places dans les IFSI de leur région, des étudiants mon­tent se former à Paris, mais retour­nent ensuite dans leur pro­vince.

L’impor­tant est que l’on forme assez d’infir­miè­res pour rem­pla­cer celles qui ces­sent d’exer­cer. Aux futurs employeurs de savoir être attrac­tifs !

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