Nouveau programme IFSI 2026 : les cadres formateurs au cœur de la réussite de la réforme infirmière

Nouveau programme IFSI 2026 : les cadres formateurs au cœur de la réussite de la réforme infirmière

7 septembre 2026

La ren­trée 2026 ouvre une nou­velle étape pour les études infir­miè­res. Raisonnement cli­ni­que ren­forcé, consul­ta­tion, pres­crip­tion, pré­ven­tion, santé envi­ron­ne­men­tale, numé­ri­que, recher­che, simu­la­tion, 66 semai­nes de stage : le nou­veau pro­gramme doit pré­pa­rer les infir­miè­res aux res­pon­sa­bi­li­tés de demain. Mais der­rière cette réforme ambi­tieuse, une réa­lité est moins visi­ble : depuis plu­sieurs mois, les cadres for­ma­teurs accom­plis­sent un tra­vail consi­dé­ra­ble pour la rendre pos­si­ble. Pour le SNPI, leur enga­ge­ment ne peut deve­nir la varia­ble d’ajus­te­ment de la réforme. Il faut reconnaî­tre leurs com­pé­ten­ces et leur donner les moyens de cette ambi­tion.

Une réforme nécessaire pour une profession qui change

Depuis la pré­cé­dente réin­gé­nie­rie de 2009, le sys­tème de santé s’est pro­fon­dé­ment trans­formé. Vieillissement de la popu­la­tion, mala­dies chro­ni­ques et poly­pa­tho­lo­gies, déve­lop­pe­ment des soins ambu­la­toi­res et à domi­cile, dif­fi­cultés d’accès aux méde­cins, pré­ven­tion, tran­si­tion écologique, numé­ri­que en santé : les besoins évoluent.

La pro­fes­sion infir­mière change elle aussi. La loi du 27 juin 2025 a reconnu de nou­vel­les mis­sions infir­miè­res. Les textes publiés depuis ont pré­cisé les acti­vi­tés, com­pé­ten­ces, actes, soins et pos­si­bi­li­tés de pres­crip­tion.

La for­ma­tion devait donc évoluer. Le nou­veau cursus appli­ca­ble aux étudiants entrant en IFSI en sep­tem­bre 2026 com­prend 4.620 heures, dont 1.890 heures d’ensei­gne­ment et d’enca­dre­ment péda­go­gi­que, 2.310 heures de for­ma­tion cli­ni­que et 420 heures d’appro­pria­tion des connais­san­ces en auto­no­mie.

Il est struc­turé autour de cinq grands domai­nes : scien­ces infir­miè­res et rai­son­ne­ment cli­ni­que ; pra­ti­ques cli­ni­ques, qua­lité et ges­tion des ris­ques ; pré­ven­tion et pro­mo­tion de la santé ; com­mu­ni­ca­tion, tra­vail en équipe et lea­der­ship ; démar­che scien­ti­fi­que et recher­che.

La for­ma­tion cli­ni­que atteint 66 semai­nes de stage. La simu­la­tion, l’ana­lyse réflexive, les don­nées pro­ban­tes, la santé publi­que, l’éducation à la santé, la santé envi­ron­ne­men­tale et la tran­si­tion écologique pren­nent davan­tage de place.

Surtout, les étudiants doi­vent être pré­pa­rés aux nou­vel­les res­pon­sa­bi­li­tés pro­fes­sion­nel­les : consul­ta­tion infir­mière, rai­son­ne­ment cli­ni­que et pres­crip­tion dans le champ auto­risé.

Cette orien­ta­tion va dans le bon sens. L’objec­tif n’est pas sim­ple­ment de former autre­ment les infir­miè­res. Il est de les pré­pa­rer à exer­cer un métier qui change pro­fon­dé­ment.

Derrière la rentrée, des mois de travail des cadres formateurs

Une réforme natio­nale se tra­duit par quel­ques dizai­nes de pages au Journal offi­ciel. Dans un IFSI, elle repré­sente des cen­tai­nes d’heures de tra­vail.

Depuis la publi­ca­tion du nou­veau réfé­ren­tiel en février, les équipes péda­go­gi­ques ont dû ana­ly­ser les textes, recons­truire les maquet­tes, revoir les pro­gres­sions péda­go­gi­ques et les évaluations, déve­lop­per de nou­vel­les situa­tions de simu­la­tion, adap­ter les stages et tra­vailler avec les uni­ver­si­tés et les ter­rains.

Et tout cela sans inter­rom­pre les for­ma­tions en cours.

Car la dif­fi­culté par­ti­cu­lière de cette ren­trée tient à la coexis­tence de deux sys­tè­mes : les étudiants entrant en pre­mière année relè­vent du réfé­ren­tiel 2026 tandis que les pro­mo­tions pré­cé­den­tes pour­sui­vent leur cursus selon celui de 2009.

Pendant encore deux ans, les cadres infir­miers for­ma­teurs devront donc maî­tri­ser simul­ta­né­ment deux réfé­ren­tiels. Ils cons­trui­sent la for­ma­tion de demain tout en conti­nuant à faire fonc­tion­ner celle d’hier. Cette mobi­li­sa­tion mérite d’être reconnue.

Les cadres for­ma­teurs ne sont pas de sim­ples trans­met­teurs de cours. Ce sont des pro­fes­sion­nels infir­miers expé­ri­men­tés deve­nus experts de la péda­go­gie, de l’accom­pa­gne­ment, de l’évaluation et de l’ingé­nie­rie de for­ma­tion. Ils connais­sent la cli­ni­que, les étudiants et les ter­rains. Ils savent sur­tout cons­truire les pas­se­rel­les entre les trois.

Le métier de cadre formateur change lui aussi

La réin­gé­nie­rie ne modi­fie pas seu­le­ment les conte­nus. Elle trans­forme la pos­ture péda­go­gi­que.

Avec davan­tage de tra­vail d’appro­pria­tion des connais­san­ces, des ensei­gne­ments magis­traux qui peu­vent être faculta­tifs, des péda­go­gies acti­ves et une place accrue de la simu­la­tion, le for­ma­teur inter­vient moins exclu­si­ve­ment dans une logi­que de trans­mis­sion. Il devient davan­tage faci­li­ta­teur des appren­tis­sa­ges. Il accom­pa­gne le rai­son­ne­ment cli­ni­que et aide l’étudiant à relier connais­san­ces scien­ti­fi­ques, situa­tions ren­contrées et com­pé­ten­ces pro­fes­sion­nel­les.

Cette évolution ren­force également le suivi péda­go­gi­que per­son­na­lisé : repé­rer les dif­fi­cultés, déve­lop­per l’auto­no­mie, accom­pa­gner le projet pro­fes­sion­nel et aider l’étudiant à cons­truire pro­gres­si­ve­ment son iden­tité pro­fes­sion­nelle.

Les 420 heures d’appro­pria­tion des connais­san­ces illus­trent cette trans­for­ma­tion. Autonomie ne signi­fie pas aban­don de l’étudiant à lui-même. L’auto­no­mie s’apprend. Construire ces appren­tis­sa­ges sup­pose de sélec­tion­ner des res­sour­ces fia­bles, défi­nir des objec­tifs, scé­na­ri­ser les acti­vi­tés et accom­pa­gner les étudiants.

Le temps passé devant une pro­mo­tion peut donc dimi­nuer tandis que le tra­vail d’ingé­nie­rie péda­go­gi­que aug­mente. C’est une charge lar­ge­ment invi­si­ble qu’il faut reconnaî­tre.

Des formateurs qui doivent eux-mêmes intégrer les nouvelles compétences

La réforme pré­sente un autre para­doxe.

Les cadres for­ma­teurs doi­vent pré­pa­rer les étudiants à des com­pé­ten­ces dont cer­tai­nes vien­nent seu­le­ment d’être reconnues ou consi­dé­ra­ble­ment ren­for­cées dans l’exer­cice pro­fes­sion­nel : consul­ta­tion et pres­crip­tion infir­miè­res, don­nées pro­ban­tes, intel­li­gence arti­fi­cielle et numé­ri­que en santé, santé envi­ron­ne­men­tale, pré­ven­tion ou nou­vel­les moda­li­tés de coor­di­na­tion.

Ils doi­vent donc eux-mêmes actua­li­ser leurs connais­san­ces tout en cons­trui­sant les ensei­gne­ments cor­res­pon­dants. Cela ne tra­duit pas une insuf­fi­sance des for­ma­teurs. Bien au contraire. Leur capa­cité à inté­grer rapi­de­ment ces évolutions démon­tre leur exper­tise et leur faculté d’adap­ta­tion.

"Beaucoup dis­po­sent également de diplô­mes uni­ver­si­tai­res, notam­ment de mas­ters, qui res­tent insuf­fi­sam­ment valo­ri­sés dans leur car­rière et leur rému­né­ra­tion. Former les infir­miè­res de demain sup­pose de reconnaî­tre les com­pé­ten­ces des for­ma­teurs d’aujourd’hui et de leur per­met­tre de conti­nuer à les déve­lop­per." sou­li­gne Virginie Flamisset, Présidente du SNPI.

Des promotions plus hétérogènes à accompagner

Le nou­veau réfé­ren­tiel demande davan­tage d’auto­no­mie aux étudiants alors que les équipes accueillent des pro­fils et des par­cours très diver­si­fiés. Formation ini­tiale, reconver­sion pro­fes­sion­nelle, pas­se­rel­les, dis­pen­ses : les acquis et les métho­des de tra­vail ne sont pas iden­ti­ques.

Cette diver­sité rend le suivi per­son­na­lisé encore plus impor­tant. Le cadre for­ma­teur doit iden­ti­fier les besoins, accom­pa­gner les dif­fi­cultés, déve­lop­per les com­pé­ten­ces psy­cho­so­cia­les, sou­te­nir une pos­ture étudiante active et pro­gres­si­ve­ment conduire chacun vers l’auto­no­mie pro­fes­sion­nelle.

L’indi­vi­dua­li­sa­tion cons­ti­tue une ambi­tion inté­res­sante du nou­veau réfé­ren­tiel. Mais elle néces­site du temps. Plus les par­cours se diver­si­fient, plus les équipes péda­go­gi­ques doi­vent dis­po­ser des moyens per­met­tant réel­le­ment cet accom­pa­gne­ment.

Des compétences élargies, mais toujours trois années pour les acquérir

La réforme ren­force le rai­son­ne­ment cli­ni­que et intro­duit ou déve­loppe la consul­ta­tion, la pres­crip­tion infir­mière, la pré­ven­tion, la santé envi­ron­ne­men­tale, le numé­ri­que, l’intel­li­gence arti­fi­cielle, la recher­che et l’uti­li­sa­tion des don­nées pro­ban­tes.

Mais la durée des études reste fixée à trois ans. Cette contrainte inter­roge : com­ment déve­lop­per davan­tage de com­pé­ten­ces, avec un niveau d’auto­no­mie supé­rieur, sans aug­men­ter réel­le­ment le temps per­met­tant de les acqué­rir et de les conso­li­der ?

Le SNPI conti­nue de défen­dre une for­ma­tion infir­mière en quatre années, modèle déjà retenu dans une majo­rité de pays euro­péens.

Une qua­trième année ne devrait pas servir à empi­ler de nou­veaux ensei­gne­ments. Elle per­met­trait au contraire de mieux répar­tir les appren­tis­sa­ges, ren­for­cer l’appro­pria­tion des connais­san­ces et sur­tout accor­der davan­tage de temps à la pro­fes­sion­na­li­sa­tion.

Elle pour­rait cons­ti­tuer une année de conso­li­da­tion cli­ni­que pro­gres­sive, avec des stages plus longs, davan­tage d’auto­no­mie super­vi­sée et un véri­ta­ble com­pa­gnon­nage avant l’entrée dans l’exer­cice pro­fes­sion­nel.

Plus nous deman­dons aux futu­res infir­miè­res de rai­son­ner, déci­der, consul­ter et pres­crire de manière auto­nome, plus nous devons leur donner le temps d’appren­dre à le faire.

66 semaines de stage : davantage ne signifie pas automatiquement mieux

Le SNPI sou­tient une for­ma­tion for­te­ment ancrée dans la cli­ni­que. Mais la qua­lité d’un stage ne se mesure pas seu­le­ment au nombre d’heures effec­tuées. Un étudiant apprend lorsqu’il ren­contre des situa­tions diver­si­fiées, peut pro­gres­si­ve­ment agir, béné­fi­cie d’un tuto­rat de qua­lité et dis­pose du temps néces­saire pour com­pren­dre et ana­ly­ser ce qu’il vient de faire.

Le nou­veau réfé­ren­tiel pré­voit jus­te­ment cinq heures heb­do­ma­dai­res consa­crées, pen­dant le stage, à l’appro­pria­tion des connais­san­ces dans une démar­che réflexive. Encore faut-il qu’elles puis­sent réel­le­ment être orga­ni­sées. Dans des ser­vi­ces confron­tés au sous-effec­tif et à une acti­vité intense, déga­ger du temps pour accom­pa­gner un étudiant devient par­fois dif­fi­cile.

Le nou­veau réfé­ren­tiel trans­forme également l’accom­pa­gne­ment en stage : il ne s’agit plus seu­le­ment de trans­met­tre des pra­ti­ques, mais davan­tage d’accom­pa­gner le déve­lop­pe­ment des com­pé­ten­ces et du rai­son­ne­ment cli­ni­que.

Cette trans­for­ma­tion concerne donc aussi les tuteurs et les pro­fes­sion­nels des ter­rains. Un ter­rain de stage ne doit pas seu­le­ment dis­po­ser d’une place : il doit être capa­ble de former.

Simulation : une excellente pédagogie, à condition d’en avoir les moyens

La simu­la­tion permet d’appren­dre sans expo­ser le patient à un risque et de tra­vailler simul­ta­né­ment gestes, rai­son­ne­ment cli­ni­que, com­mu­ni­ca­tion, déci­sion et tra­vail en équipe.

Mais une simu­la­tion péda­go­gi­que ne consiste pas à ins­tal­ler un man­ne­quin dans une salle. Elle exige des objec­tifs, un scé­na­rio, du maté­riel, des grou­pes adap­tés, du temps de pré­pa­ra­tion et sur­tout un débrie­fing conduit par des pro­fes­sion­nels formés.

Tous les IFSI ne dis­po­sent pas aujourd’hui des mêmes équipements. Cette ques­tion concerne direc­te­ment l’égalité de for­ma­tion sur le ter­ri­toire natio­nal. Un étudiant formé dans un petit IFSI ter­ri­to­rial doit béné­fi­cier d’un niveau de for­ma­tion com­pa­ra­ble à celui qui étudie à proxi­mité d’un grand centre uni­ver­si­taire dis­po­sant d’impor­tan­tes infra­struc­tu­res de simu­la­tion.

Universitariser sans déprofessionnaliser

Le diplôme d’État est désor­mais déli­vré par les uni­ver­si­tés accré­di­tées. Cette évolution peut ren­for­cer les scien­ces infir­miè­res, la recher­che, l’accès aux don­nées scien­ti­fi­ques et les pers­pec­ti­ves uni­ver­si­tai­res de la pro­fes­sion.

Le SNPI la sou­tient dès lors qu’elle repose sur une véri­ta­ble cocons­truc­tion. Les ensei­gnants-cher­cheurs appor­tent leur exper­tise scien­ti­fi­que. Les cadres for­ma­teurs appor­tent leur exper­tise péda­go­gi­que, cli­ni­que et pro­fes­sion­nelle. Les tuteurs appor­tent l’expé­rience quo­ti­dienne des soins. Aucun de ces trois piliers ne doit pren­dre la place des deux autres.

L’uni­ver­si­ta­ri­sa­tion doit également conduire à mieux reconnaî­tre les qua­li­fi­ca­tions uni­ver­si­tai­res déjà acqui­ses par de nom­breux cadres for­ma­teurs.

Elle ne doit ni mar­gi­na­li­ser leur exper­tise ni conduire pro­gres­si­ve­ment à trans­for­mer le diplôme d’État infir­mier en un diplôme dont les exi­gen­ces dépen­draient de l’uni­ver­sité qui le déli­vre. Une pro­fes­sion régle­men­tée exige un socle natio­nal de com­pé­ten­ces et de cer­ti­fi­ca­tion.

Une profession plus autonome exige une formation exigeante

Former davan­tage de com­pé­ten­ces nou­vel­les ne signi­fie pas auto­ma­ti­que­ment former de meilleurs pro­fes­sion­nels. Plus l’auto­no­mie infir­mière aug­mente, plus le niveau attendu doit être élevé.

Une infir­mière amenée à consul­ter, évaluer, déci­der et pres­crire dans son champ de com­pé­tence doit dis­po­ser d’un rai­son­ne­ment cli­ni­que solide et connaî­tre les limi­tes de son exer­cice.

La mise en œuvre de la réforme doit donc aussi per­met­tre d’évaluer les moda­li­tés d’admis­sion, de pro­gres­sion et de cer­ti­fi­ca­tion. Il ne s’agit pas d’orga­ni­ser une sélec­tion par l’échec, mais de garan­tir que le diplôme d’État reste une garan­tie de com­pé­tence et de sécu­rité pour le patient. Accompagnement et exi­gence ne s’oppo­sent pas.

Ce que propose le SNPI pour soutenir les cadres formateurs

La réus­site de la réforme ne peut repo­ser sur le seul enga­ge­ment des équipes. Le SNPI pro­pose sept mesu­res concrè­tes.

1. Reconnaître les com­pé­ten­ces déjà acqui­ses. Beaucoup de cadres de santé for­ma­teurs sont titu­lai­res de mas­ters insuf­fi­sam­ment valo­ri­sés dans leur car­rière et leur rému­né­ra­tion. Leur déve­lop­pe­ment pro­fes­sion­nel doit ensuite être orga­nisé dans la durée, selon leurs besoins.

2. Adapter les effec­tifs de for­ma­teurs au nombre d’étudiants. Le SNPI demande un tra­vail natio­nal sur un socle mini­mal d’enca­dre­ment péda­go­gi­que rap­porté au nombre d’étudiants, inté­grant l’accom­pa­gne­ment indi­vi­duel, les stages, les évaluations, la simu­la­tion et l’ingé­nie­rie péda­go­gi­que.

3. Donner à tous les IFSI les moyens de la simu­la­tion. Équipements, locaux, for­ma­tion et temps de pré­pa­ra­tion doi­vent béné­fi­cier de finan­ce­ments iden­ti­fiés. Les mutua­li­sa­tions ter­ri­to­ria­les sont utiles si elles ne créent pas une for­ma­tion à plu­sieurs vites­ses.

4. Garantir la qua­lité des stages. Les IFSI doi­vent conser­ver la maî­trise péda­go­gi­que du choix de leurs par­te­nai­res. Les établissements doi­vent déve­lop­per une véri­ta­ble poli­ti­que d’accueil et d’enca­dre­ment des étudiants.

5. Reconnaître réel­le­ment le tuto­rat. Les infir­miè­res qui accom­pa­gnent les étudiants doi­vent dis­po­ser d’une for­ma­tion, d’un temps iden­ti­fié et d’une reconnais­sance de cette res­pon­sa­bi­lité. Les cadres for­ma­teurs réfé­rents de stage ont également un rôle essen­tiel dans le lien entre ins­ti­tut et ter­rain.

6. Universitariser sans mar­gi­na­li­ser les cadres for­ma­teurs. Leur exper­tise doit rester déter­mi­nante dans la cons­truc­tion des ensei­gne­ments et des évaluations. L’uni­ver­si­ta­ri­sa­tion doit également valo­ri­ser les mas­ters déjà obte­nus et faci­li­ter, pour ceux qui le sou­hai­tent, l’accès à la recher­che.

7. Préserver un véri­ta­ble diplôme d’État natio­nal et évaluer rapi­de­ment la réforme. L’auto­no­mie uni­ver­si­taire ne doit pas conduire à des niveaux d’exi­gence dif­fé­rents selon les ter­ri­toi­res. Le SNPI demande des atten­dus natio­naux de cer­ti­fi­ca­tion et une pre­mière évaluation dès 2027, asso­ciant étudiants, for­ma­teurs, tuteurs, ter­rains et uni­ver­si­tés.

Ne pas faire de l’engagement des formateurs la variable d’ajustement

Les cadres infir­miers for­ma­teurs ont démon­tré leur capa­cité à recons­truire en quel­ques mois une part consi­dé­ra­ble de la for­ma­tion infir­mière tout en accom­pa­gnant les pro­mo­tions déjà enga­gées. Ils font bien davan­tage qu’appli­quer un nou­veau pro­gramme.

Ils trans­for­ment une réforme régle­men­taire en appren­tis­sa­ges, puis ces appren­tis­sa­ges en com­pé­ten­ces pro­fes­sion­nel­les. Leur exper­tise cli­ni­que, péda­go­gi­que et uni­ver­si­taire cons­ti­tue une res­source essen­tielle pour la pro­fes­sion et pour le sys­tème de santé.

Leur enga­ge­ment ne doit donc pas mas­quer les besoins en moyens humains, en temps et en reconnais­sance. La pre­mière pro­mo­tion issue de cette réforme sera diplô­mée en 2029. C’est alors que nous pour­rons véri­ta­ble­ment mesu­rer si les nou­vel­les infir­miè­res sont mieux pré­pa­rées à exa­mi­ner, rai­son­ner, déci­der, pré­ve­nir, éduquer, coor­don­ner et pres­crire dans leur champ de com­pé­tence.

Mais cette réus­site se pré­pare aujourd’hui. Nous ne for­me­rons pas les infir­miè­res dont la popu­la­tion aura besoin demain sans reconnaî­tre, sou­te­nir et donner les moyens d’agir à celles et ceux qui les for­ment aujourd’hui.

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