Une formation enfin actualisée… et déjà sous tension : que révèle le nouvel arrêté formation infirmière ?
25 février 2026
Enfin ! Il aura fallu quinze ans. Quinze ans pour actualiser un référentiel de formation infirmière construit dans un autre contexte sanitaire, avant l’explosion des maladies chroniques, le virage domiciliaire ou la reconnaissance de nouvelles compétences cliniques.
La publication du nouvel arrêté formation du 20.02.26 marque donc une étape importante. Les contenus évoluent enfin : prévention renforcée, coordination des parcours, raisonnement clinique, numérique en santé, stages diversifiés. Une formation plus en phase avec la réalité des soins et avec les besoins de la population.
Les infirmières sont aujourd’hui au cœur du suivi des pathologies chroniques, de l’éducation à la santé, du maintien à domicile et de l’orientation dans des parcours devenus complexes. Le texte modernise les enseignements et renforce la clinique. Les futurs infirmiers seront mieux préparés aux réalités du terrain. Cette évolution est cohérente avec les nouvelles compétences reconnues par la loi, notamment l’évaluation clinique et la consultation infirmière.
L’impact est majeur pour la population. Une formation plus adaptée, ce sont des soignants mieux armés pour prévenir, accompagner et orienter. Dans un système de santé fragmenté, cette compétence relationnelle et clinique est déterminante.
Mais la réforme révèle aussi une tension. Pour répondre aux exigences européennes, le volume de formation passe à 4 600 heures… sans allongement de la durée des études. Trois ans pour absorber un programme densifié, quand la majorité des pays européens ont fait le choix de quatre ans. La conséquence est tangible : un rythme intense, une pression accrue pour les étudiants et un risque de fragiliser l’apprentissage réflexif pourtant essentiel au raisonnement clinique. Cette densification accentue la charge de travail et la fatigue étudiante, au moment même où la profession doit attirer et fidéliser.
La question dépasse la formation. Elle interroge la capacité du système à préparer l’infirmière de demain : autonome, coordinatrice, engagée dans la prévention et les sciences infirmières. Moderniser les contenus est une avancée. Donner le temps d’apprendre reste un enjeu.
Dans l’article ci-dessous, le SNPI analyse les apports réels de l’arrêté, ses limites et les perspectives qu’il ouvre pour la qualité des soins et l’accès à la santé.
https://syndicat-infirmier.com/Arrete-formation-infirmiere-2026-une-reforme-pour-adapter-les-competences.html