Paradoxe et syndicalisme

13 mai 2006

Extrait d’un article paru pages 10 et 11 du Bulletin d’avril 2006 de la Fédération Santé Social CFE-CGC.

La démar­che syn­di­cale consiste à résis­ter aux cou­rants catas­tro­phis­tes qui dénon­cent l’absence ou la perte de lien social comme à ceux qui oeu­vrent à sa dis­pa­ri­tion.

L’entre­prise, l’établissement, le ser­vice ne sont pas des lieux de tra­vail indi­vi­duel mais un espace où l’appren­dre à tra­vailler ensem­ble pré­fi­gure l’espace poli­ti­que démo­cra­ti­que "à venir" du vivre ensem­ble. Le lien de type asso­cia­tif, aujourd’hui sou­vent mal­mené par les asso­cia­tions, donne le cadre pour l’action syn­di­cale.

Le para­doxe du déve­lop­pe­ment syn­di­cal est d’être témoin d’une dété­rio­ra­tion de la condi­tion sala­riale et de ne pas voir les sala­riés se regrou­per, débat­tre et for­mu­ler leurs atten­tes d’une amé­lio­ra­tion de la qua­lité du tra­vailler ensem­ble et s’enga­ger syn­di­ca­le­ment.

L’image du syn­di­ca­lisme à déve­lop­per est celle d’une par­ti­ci­pa­tion à un envi­ron­ne­ment socié­tal ouvert. Les mili­tants, indi­vi­dus plu­riels s’il en est, ne sont pas inféo­dés à une struc­ture fermée. Ils don­nent de la voix dans des grou­pe­ments éphémères liés à une ques­tion en attente d’évolution.

Ils doi­vent sus­ci­ter et par­ti­ci­per à tous les espa­ces de débats pos­si­bles en fai­sant valoir leur point de vue. Le débat syn­di­cal ne peut se can­ton­ner à l’inté­rieur des sec­tions ou de la fédé­ra­tion. Il doit s’ins­crire en vec­teur pour cons­truire des repè­res et donner de la lisi­bi­lité aux contrain­tes dans les­quel­les évoluent les sala­riés pour qu’ils puis­sent appuyer leurs reven­di­ca­tions. Parions que beau­coup nous y rejoi­gnent.

Depuis quel­ques décen­nies émergent des col­lec­tifs. Ils sont le signe d’un chan­ge­ment dans la cons­ti­tu­tion du lien social au sein d’une société qua­li­fiée par Zygmunt Bauman de liquide et d’un chan­ge­ment dans la démo­cra­tie. De repré­sen­ta­tive cette der­nière doit faire l’objet d’une réap­pro­pria­tion en deve­nant déli­bé­ra­tive. Notre contri­bu­tion au chan­ge­ment est de créer et de sou­te­nir les déli­bé­ra­tions fon­da­tri­ces de reven­di­ca­tions.

Document(s) joint(s) à l'article
Bulletin 70 - (598.5 kio) - PDF
Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Santé mentale : peut-on généraliser SÉSAME ?

La santé mentale est devenue une urgence silencieuse. Les troubles anxiodépressifs progressent. (…)

Croix-Saint-Simon : quand sauver des comptes menace de briser des vies

Un plan de cession pour éviter la liquidation. Sur le papier, la décision peut sembler (…)

10 propositions SNPI pour la prévention locale

La prévention est aujourd’hui une priorité affichée. Pourtant, sur le terrain, elle reste encore (…)

Vacation hospitalière : solution agile en attente des ratios infirmiers ?

Dans de nombreux établissements, l’équilibre des plannings repose désormais sur une variable (…)

CTI : les infirmières territoriales oubliées du Ségur

Quatre ans de combat. Quatre ans d’attente. Quatre ans d’injustice salariale. Dans les Ardennes, (…)

Ratios infirmiers en néonatologie : une urgence vitale encore ignorée

Chaque jour, des nouveau-nés survivent grâce à la qualité des soins. Mais combien pourraient (…)