Prévenir les troubles musculo-squelettiques TMS

21 octobre 2012

Les per­son­nels soi­gnants conti­nuent d’être dure­ment tou­chés par les trou­bles mus­culo-sque­let­ti­ques (TMS) en dépit des efforts déployés par les établissements.

Bien que les for­ma­tions de type « gestes et pos­tu­res » soient très répan­dues et lar­ge­ment sui­vies par les per­son­nels des établissements de santé, les chif­fres mon­trent des résul­tats très déce­vants : le sec­teur de la santé en Île-de-France est aujourd’hui plus touché par les TMS que le sec­teur du BTP. Pourtant la qua­lité des for­ma­tions n’est pas à remet­tre en cause, pas plus que l’impli­ca­tion des per­son­nels. C’est l’appro­che même de la pré­ven­tion qu’il faut chan­ger.

Pour pré­ve­nir effi­ca­ce­ment les TMS, il faut que les maté­riels de manu­ten­tion soient plei­ne­ment inté­grés aux pro­ces­sus de tra­vail

Les maté­riels de manu­ten­tion sont aujourd’hui trop sou­vent sous-uti­li­sés, ou réser­vés la prise en charge des cas dif­fi­ci­les. Pour géné­ra­li­ser leur usage, et par­ve­nir à les inté­grer tota­le­ment aux pro­ces­sus de tra­vail, il est essen­tiel de mettre en évidence aux yeux des per­son­nels le fait qu’ils per­met­tent avant tout d’amé­lio­rer la qua­lité et la sécu­rité des soins.

En effet, pour des soi­gnants dûment formés et équipés, il ne s’agit plus de faire un trans­fert ou de repo­si­tion­ner un patient dans son lit, il s’agit de cons­truire un soin par­fai­te­ment sûr et adapté aux capa­ci­tés du patient.
L’impact posi­tif de ces outils sur les TMS n’est qu’une consé­quence d’une inté­gra­tion réus­sie ; une inté­gra­tion qui ne peut réus­sir que par la mobi­li­sa­tion de tous les acteurs concer­nés, de la direc­tion, DRH et direc­tion des soins jusqu’aux aux per­son­nels de ter­rain, et par la for­ma­tion.

La for­ma­tion, levier indis­pen­sa­ble pour faire adop­ter ces nou­veaux outils

Introduire un nouvel outil alors que les habi­tu­des de tra­vail son bien ancrées, cela ne va pas de soi. C’est pour­quoi la for­ma­tion est pri­mor­diale dans la réus­site de la démar­che de pré­ven­tion des TMS. La for­ma­tion n’a pas seu­le­ment pour but d’appren­dre à uti­li­ser l’outil, mais, beau­coup plus lar­ge­ment, d’appren­dre à l’inté­grer dans les pra­ti­ques quo­ti­dien­nes.

Pour les soi­gnants tout par­ti­cu­liè­re­ment, il est impor­tant de démon­trer que l’emploi de ces outils fait de la manu­ten­tion des patients un soin à part entière : res­pec­tueux, pro­fes­sion­nel, per­met­tant de mobi­li­ser et de valo­ri­ser les capa­ci­tés du patient, et offrant au soi­gnant et au soigné les meilleu­res condi­tions de sécu­rité.

La démar­che de for­ma­tion néces­site un espace dédié et spé­cia­le­ment amé­nagé pour accueillir les sta­giai­res et mettre en œuvre le maté­riel. Une telle salle doit accueillir les sta­giai­res par grou­pes n’excé­dant pas 10 par­ti­ci­pants, pour des ses­sions de 3 heures au mini­mum. Les for­ma­tions seront géné­ra­le­ment dis­pen­sées par le réfé­rent pré­ven­tion TMS.

Le tapis de rehaus­se­ment et le tapis de trans­fert sur cous­sin d’air

Ces deux outils qui sup­pri­ment le prin­ci­pal fac­teur de risque
pour les per­son­nels soi­gnants : la manu­ten­tion d’un patient sur le lit.

60% des acci­dents de tra­vail des soi­gnants se pro­dui­sent lors de la manu­ten­tion d’un patient dans le lit (rehaus­se­ment ou repo­si­tion­ne­ment).

Le tapis de rehaus­se­ment est donc un outil par­ti­cu­liè­re­ment pré­cieux dans une démar­che de pré­ven­tion des TMS. Il permet non seu­le­ment de dimi­nuer les contrain­tes mus­culo-sque­let­ti­ques des soi­gnants (sup­pres­sion du port de char­ges) mais aussi de mobi­li­ser et donc d’entre­te­nir en toute sécu­rité les capa­ci­tés du patient.

Le tapis de trans­fert sur cous­sin d’air est un outil plus spé­ci­fi­que des­tiné à repo­si­tion­ner ou à trans­fé­rer en dou­ceur et sans effort des patients obèses ou algi­ques.

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