Méga-incendies, cyclones, inondations : les infirmières sont là quand le système est débordé
3 octobre 2026
La prochaine crise ne nous demandera pas si nous sommes prêts. Et surtout, les crises ne sont plus une hypothèse : elles sont déjà là.
La signature d’une charte entre l’Ordre National des Infirmiers et la Garde nationale pour faciliter l’engagement volontaire des infirmiers dans les réserves opérationnelles est une initiative intéressante, qui doit ouvrir une réflexion beaucoup plus large.
https://www.linkedin.com/posts/gardenationale_lesreservesoperationnelles-engagement-activity-7511455812305825793-xXCl
Le nouveau référentiel infirmier de 2026 inscrit désormais clairement dans la compétence 3 la capacité à : « Mettre en œuvre des interventions en situation d’urgence ou en situation sanitaire exceptionnelle, en s’intégrant dans la chaîne médicale des secours, afin d’assurer la préparation et la réponse aux menaces, alertes et crises sanitaires. »
Ces mots prennent une résonance très concrète :
– A Mayotte, le cyclone Chido a profondément désorganisé un territoire et son système de santé.
– A Valence, en Espagne, les inondations catastrophiques ont montré comment, en quelques heures, les moyens ordinaires de secours peuvent être submergés.
– Et en juillet 2026, en Gironde, un méga-incendie a ravagé 42.000 hectares et conduit à l’évacuation préventive de plus de 220.000 personnes.
Nous ne parlons donc plus d’un futur hypothétique. Nous parlons de notre présent. Epidémie, cyclone, inondation, méga-incendie, canicule extrême : lorsque des dizaines de milliers de personnes sont simultanément concernées, les moyens habituels de la sécurité civile, des pompiers, du SAMU et des établissements de santé peuvent être rapidement débordés.
Il faut donc préparer l’étape suivante : identifier et former, dans chaque territoire, des professionnels de santé volontaires à la médecine de catastrophe et aux situations sanitaires exceptionnelles. Les infirmières disposent pour cela de compétences précieuses : évaluation clinique, triage, soins d’urgence, surveillance, prévention, vaccination, éducation à la santé, coordination et accompagnement des personnes vulnérables.
Plusieurs cadres d’engagement existent déjà. Aux réserves opérationnelles s’ajoute notamment la Réserve sanitaire de Santé publique France, héritière de l’EPRUS, mobilisable lorsque les moyens habituels ne suffisent plus.
https://www.santepubliquefrance.fr/reserve-sanitaire
L’enjeu est maintenant de développer une véritable culture infirmière de préparation aux crises, dès la formation initiale puis tout au long de la vie professionnelle.
Former avant la catastrophe, c’est pouvoir agir dès les premières heures. C’est aussi reconnaître que les compétences des 640.000 infirmières constituent une composante essentielle de la résilience sanitaire de nos territoires.