Urgences de Saint-Nazaire : 16,5 postes obtenus après mobilisation
15 février 2026
Une belle réussite citoyenne ! Les soignants ont tenu. Et ils ont obtenu des postes. Aux #urgences du Centre hospitalier de Saint-Nazaire, un préavis de grève déposé a été levé huit jours plus tard. Motif : 16,5 postes supplémentaires actés. Ce n’est pas anecdotique. C’est un signal.
Car derrière cette mobilisation, il y a une réalité documentée depuis des années. La Chambre régionale des comptes Pays de la Loire pointait déjà en 2024 des tensions persistantes sur l’accueil et le traitement des urgences. La Cour des comptes a rappelé à l’automne que la crise n’est pas conjoncturelle mais structurelle : plus de passages, plus d’actes, moins de capacités d’aval.
À Saint-Nazaire, comme ailleurs, le problème ne se limite pas aux urgences. Il vient aussi du manque de lits d’hospitalisation. Des patients restent sur des #brancards faute de place en service. Les #soignants absorbent la surcharge. Jusqu’au point de rupture.
Dans le même temps, l’ARS Pays de la Loire a pérennisé "l’accès régulé" (traduction novlangue de dégradé) la nuit aux urgences en Loire-Atlantique. Mesure de gestion des flux. Mais réguler l’entrée ne crée pas de lits. Ne crée pas de postes. Ne remplace pas des équipes épuisées.
La mobilisation de Saint-Nazaire rappelle une évidence : quand les soignants parlent d’effectifs, ils parlent de sécurité. Quand ils demandent des postes, ils demandent du temps pour évaluer, surveiller, accompagner. Ils demandent la possibilité d’exercer leur responsabilité clinique sans mettre en danger les patients… ni eux-mêmes.
Obtenir 16,5 postes ne règle pas tout. Mais c’est une victoire collective. Une démonstration que la #mobilisation argumentée, documentée, unie, peut produire des résultats concrets.
Reste l’essentiel : sortir d’une gestion en tension permanente. Repenser les capacités d’aval. Revaloriser l’attractivité des services d’urgences. Reconnaître que la qualité des soins dépend directement des #ratios de #patients par #infirmière.
Saint-Nazaire n’est pas un cas isolé. C’est un révélateur. La question n’est plus de savoir s’il faut investir dans les urgences. La question est simple : combien d’alertes faudra-t-il encore pour agir durablement ?