Pétition : création d’une prime nationale de cardiologie interventionnelle
18 février 2026
Chaque minute compte lorsqu’une artère coronaire se bouche. Chaque seconde pèse lorsqu’un trouble du rythme menace la vie. La cardiologie interventionnelle est devenue l’un des piliers silencieux de la chaîne de survie. Angioplasties en urgence, implantations de défibrillateurs, procédures structurelles complexes : ces actes ne relèvent plus de l’exception. Ils structurent désormais l’offre hospitalière.
Selon les données relayées par Santé Publique France, les maladies cardiovasculaires figurent parmi les principales causes de mortalité. L’activité interventionnelle a progressé de 46 % en dix ans, avec plus de 600 000 actes annuels (rapport FHP MCO 2022). Cette dynamique n’est pas conjoncturelle. Elle est structurelle.
Derrière ces chiffres, des équipes hautement spécialisées : infirmiers diplômés d’État (IDE) et manipulateurs en électroradiologie médicale (MERM). Leur rôle reste pourtant peu reconnu au regard des responsabilités exercées.
Une technicité qui dépasse la formation initiale
La salle de cardiologie interventionnelle n’est pas un bloc opératoire ordinaire. C’est un environnement hybride, où se combinent imagerie avancée, dispositifs médicaux de haute précision et situations d’urgence vitale. Les soignants y mobilisent des compétences spécifiques :
– Gestion des urgences vitales (infarctus, BAV complet, orages rythmiques…) et des complications per-procédurales
– Technologies de diagnostic hémodynamique et d’imagerie endovasculaire
– Systèmes d’opacification à PCI automatisés ou manuels
– Assistances circulatoires
– Baies d’électrophysiologie et systèmes de cartographie 3D
– Générateurs d’ablation (radiofréquence, cryoablation, électroporation)
– Programmateurs d’endoprothèses : stimulateurs cardiaques et défibrillateurs
À cela s’ajoute la participation directe aux manœuvres de réanimation : infarctus avec choc cardiogénique, bloc auriculo-ventriculaire complet, orage rythmique.
Ces compétences ne sont pas issues du socle initial de formation. Elles s’acquièrent par un compagnonnage exigeant et une formation continue permanente. L’innovation technologique impose une mise à jour constante des savoirs. L’expertise est réelle. La reconnaissance l’est moins.
Des risques professionnels objectivables
L’exercice en salle interventionnelle expose à des contraintes spécifiques.
Les rayonnements ionisants sont encadrés par le Code du travail (R.4451-1 et suivants). Les travaux de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire rappellent que l’exposition cumulative demeure un enjeu malgré les protections.
Le port prolongé d’équipements plombés, parfois supérieurs à sept kilogrammes, favorise les troubles musculosquelettiques. Les postures statiques prolongées majorent les contraintes rachidiennes. La charge cognitive est élevée. L’urgence peut survenir à tout instant. Les astreintes sont fréquentes.
La littérature internationale documente ces risques. Il ne s’agit pas d’un ressenti, mais de sujétions objectivables.
Une filière stratégique fragilisée
La cardiologie interventionnelle constitue un secteur stratégique hospitalier. Elle conditionne la rapidité de prise en charge des infarctus. Elle participe à la réduction de la mortalité évitable. L’Organisation mondiale de la santé souligne l’importance de l’accès rapide aux soins cardiovasculaires pour réduire le fardeau des maladies cardiaques.
Or l’attractivité de ces postes diminue. La technicité requise, la pénibilité et l’absence de reconnaissance indemnitaire favorisent le turn-over. Former un professionnel expérimenté en salle interventionnelle demande du temps. Perdre cette expertise fragilise l’organisation. À terme, la continuité du service public hospitalier est en jeu.
Un fondement juridique solide
Le principe d’égalité de traitement des agents publics, rappelé par le Conseil d’État, autorise des différences de régime indemnitaire lorsqu’elles reposent sur des critères objectifs : technicité particulière, responsabilités accrues, sujétions spécifiques.
Le Code général de la fonction publique prévoit la possibilité d’adapter les régimes indemnitaires aux fonctions exercées et à l’expertise mobilisée. La demande de création d’une prime nationale de cardiologie interventionnelle s’inscrit pleinement dans ce cadre. Il ne s’agit pas d’une revendication catégorielle. Il s’agit d’une reconnaissance proportionnée à des contraintes établies.
Un enjeu d’efficience et de sécurité
La stabilité des équipes améliore la qualité et la sécurité des soins. Chaque retard de prise en charge d’un infarctus a un coût humain et économique. La fidélisation des professionnels spécialisés constitue un levier d’efficience.
Le coût d’une prime dédiée serait marginal au regard des dépenses liées aux complications ou au recours à l’intérim. L’investissement dans l’expertise est un choix rationnel.
Créer une prime nationale spécifique pour les IDE et MERM exerçant régulièrement en salle de cardiologie interventionnelle répond à trois objectifs :
– reconnaître une technicité avérée
– compenser des sujétions particulières
– sécuriser une filière stratégique de santé publique
Cette mesure serait cohérente avec les principes statutaires de la fonction publique hospitalière. Elle renforcerait l’attractivité d’un secteur clé. Elle consoliderait la chaîne de survie cardiovasculaire. La cardiologie interventionnelle sauve des vies chaque jour. Ceux qui la rendent possible méritent une reconnaissance à la hauteur de leur engagement.
Agir maintenant
La création d’une prime nationale de cardiologie interventionnelle est aujourd’hui portée par une pétition nationale. Soutenir cette démarche, c’est défendre :
– la sécurité des patients
– la stabilité des équipes
– la reconnaissance d’une expertise exigeante
Parce que la survie ne dépend pas seulement d’une technologie. Elle dépend aussi de femmes et d’hommes formés, expérimentés, engagés. Signez la pétition pour garantir l’avenir de la cardiologie interventionnelle et sécuriser la prise en charge des urgences cardiaques sur tout le territoire.
https://www.change.org/p/actes-%C3%A0-haut-risque-reconnaissance-z%C3%A9ro-%C3%A7a-doit-changer ?