Préservatifs défectueux : les failles du contrôle sanitaire en France

Préservatifs défectueux : les failles du contrôle sanitaire en France

22 août 2026

Un pré­ser­va­tif vendu en phar­ma­cie ne devrait jamais expo­ser à une gros­sesse non dési­rée ou à une IST. L’alerte lancée par les auto­ri­tés sani­tai­res doit nous inter­ro­ger au-delà du rappel de quel­ques réfé­ren­ces.

Des pré­ser­va­tifs non confor­mes ont été com­mer­cia­li­sés ces der­niers mois en France. Certains pré­sen­tent un risque d’éclatement ou de per­fo­ra­tion. Les per­son­nes qui les ont uti­li­sés peu­vent avoir été expo­sées à une infec­tion sexuel­le­ment trans­mis­si­ble ou à une gros­sesse non dési­rée. Les auto­ri­tés recom­man­dent désor­mais, selon les situa­tions, un dépis­tage des IST et un test de gros­sesse.

Bien sûr, l’achat sur Internet, notam­ment auprès de ven­deurs situés hors de l’Union euro­péenne, com­porte un risque sup­plé­men­taire : le consom­ma­teur maî­trise dif­fi­ci­le­ment l’ori­gine du pro­duit et sa confor­mité aux normes euro­péen­nes. Les pré­ser­va­tifs doi­vent être pour­vus d’un mar­quage CE et d’un embal­lage en langue fran­çaise. Vérifiez les carac­té­ris­ti­ques essen­tiel­les du pré­ser­va­tif (taille, pré­sence ou non de latex, date de péremp­tion, etc.) qui peu­vent influer sur l’effi­ca­cité du pro­duit. Soyez par­ti­cu­liè­re­ment vigi­lant quant aux pro­duits « fan­tai­sie », ou ceux dis­tri­bués ou vendus à l’unité dans des lieux d’ani­ma­tion noc­turne.
https://www.fran­ceinfo.fr/sante/des-dizai­nes-de-mil­liers-de-pre­ser­va­tifs-non-confor­mes-vendus-en-france-ces-der­niers-mois-les-auto­ri­tes-recom­man­dent-des-depis­ta­ges-et-tests-de-gros­sesse_8156171.html

Mais le vrai sujet est ailleurs.

👉 Comment un dis­po­si­tif médi­cal défec­tueux peut-il se retrou­ver vendu dans une phar­ma­cie ou dans une grande ensei­gne comme Monoprix ?

Car le pré­ser­va­tif n’est pas un simple pro­duit de consom­ma­tion. C’est un dis­po­si­tif médi­cal dont la sécu­rité doit être garan­tie tout au long de la chaîne : fabri­cant, cer­ti­fi­ca­tion, impor­ta­teur, dis­tri­bu­teur, contrô­les et sur­veillance du marché.

Et pour le citoyen, ache­ter en phar­ma­cie cons­ti­tue pré­ci­sé­ment un acte de confiance.

La DGCCRF (Direction géné­rale de la concur­rence, de la consom­ma­tion et de la répres­sion des frau­des) avait déjà effec­tué entre 2017 et 2019 des contrô­les auprès des pro­fes­sion­nels chez les­quels des non-confor­mi­tés avaient été rele­vées.

Cette fois, selon le site Rappel Conso, les mar­ques concer­nées sont Friday Bae (Le Préservatif), Okamoto (003 et 002), Sagami (Sagami Original 002, vendu sur Amazon) et My Lubie, dont les pro­duits sont com­mer­cia­li­sés sur Amazon, en phar­ma­cie et par diver­ses ensei­gnes (Nuoo, Mademoiselle Bio, Monoprix, Ayanature, Passage du Désir).
https://rappel.conso.gouv.fr/cate­go­rie/0/1/pr%C3%A9servatifs

Le pro­blème est celui de notre sys­tème de sur­veillance : com­ment des dis­po­si­tifs médi­caux pré­sen­tant un risque de per­fo­ra­tion ou d’éclatement peu­vent-ils fran­chir la chaîne de confor­mité et se retrou­ver en phar­ma­cie ou dans la grande dis­tri­bu­tion ? Le mar­quage CE ne rem­place pas le contrôle du marché. Lorsque la défaillance d’un pro­duit expose à une IST ou à une gros­sesse non dési­rée, la fré­quence des contrô­les, des pré­lè­ve­ments et les moyens des auto­ri­tés sani­tai­res devien­nent une véri­ta­ble ques­tion de santé publi­que.

Cette affaire rap­pelle donc l’impor­tance d’une maté­rio­vi­gi­lance et de contrô­les effec­tifs, mais aussi d’une infor­ma­tion rapide lors­que sur­vient une défaillance. Elle pose enfin une ques­tion de santé publi­que : com­ment iden­ti­fier et accom­pa­gner les per­son­nes expo­sées ?

Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Préservatifs défectueux : les failles du contrôle sanitaire en France

Un préservatif vendu en pharmacie ne devrait jamais exposer à une grossesse non désirée ou à une (…)

Canicule : combien de décès à domicile pourrons-nous éviter demain ?

5 764 décès supplémentaires lors de la canicule de juin. Et, quelques semaines plus tard, une (…)

Salaire infirmier en France : combien gagne une infirmière et pourquoi la profession reste sous-payée ?

Combien gagne une infirmière en début de carrière ? Quel est le salaire moyen d’un infirmier en (…)

Urgences, psychiatrie, maternités : les économies hospitalières deviennent une perte de chance

L’histoire survenue cet été au CHU d’Orléans est spectaculaire. Une patiente de 82 ans victime (…)

Six jours aux urgences. Cinq nuits sur un brancard.

Combien de nuits sur un brancard faudra-t-il encore avant d’admettre que la saturation des (…)

Mortalité infantile : l’IGAS alerte, le SNPI propose d’agir avec les infirmières

Pendant des années, le débat sur la périnatalité s’est résumé à une question : faut-il fermer ou (…)