SOS canicule à l’hôpital et en EHPAD
26 juin 2026
« Nous ne devrions jamais avoir à soigner des patients dans des serres médicalisées. » C’est le message que porté aujourd’hui en direct sur France info TV, à l’occasion de cet épisode de #canicule par Thierry Amouroux, le porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI.
Le changement climatique n’est plus une question environnementale. C’est une question de sécurité des #patients. J’ai souhaité alerter sur trois réalités que les soignants vivent :
🔴 Des #urgences déjà saturées avant même la canicule.
Notre système de santé fonctionne en flux tendu toute l’année. Fermetures de lits, fermetures de services, coupes budgétaires... Lorsqu’un épisode de chaleur entraîne une augmentation des déshydratations, des malaises, des chutes ou des #décompensations, nous n’avons plus les marges nécessaires pour absorber ces pics d’activité dans de bonnes conditions.
🔴 Des #hôpitaux transformés en "serres médicalisées".
Des halls entièrement vitrés. Des chambres baignées de soleil, à 36 degrés. Des fenêtres qui ne s’ouvrent pas, ou seulement de quelques centimètres. Des volets absents. Des personnes souffrent davantage et meurent de ces conditions indignes. Dans certains services, des couvertures de survie fixées au sparadrap sur les vitres pour tenter de protéger les patients de la chaleur.
Dans la sixième puissance économique mondiale, en 2026, cette image devrait tous nous interpeller.
🔴 Le scandale silencieux des #EHPAD.
Après la canicule de 2003, la principale réponse a été d’imposer une « pièce rafraîchie ». Mais aujourd’hui encore, 91,4 % des EHPAD ne disposent pas de climatisation dans les chambres. Une seule pièce fraîche ne peut pas constituer une stratégie d’adaptation pour protéger les plus #vulnérables. Nos anciens sont sacrifiés !
Climatiser l’ensemble des chambres des 610.000 résidants des 7 400 EHPAD français représenterait 2 milliards d’euros. La "journée de solidarité" CSA rapporte 2,5 milliards d’euros par an, soit 50 milliards cumulés.
Nous savons adapter les centres commerciaux, les cinémas ou les immeubles de bureaux aux fortes chaleurs. Il est temps d’adapter aussi les lieux où l’on #soigne. Parce qu’un hôpital ou un EHPAD ne devrait jamais devenir un facteur de risque supplémentaire pour ceux qu’il accueille.
La canicule n’est plus un épisode exceptionnel. C’est désormais un défi majeur de santé publique.