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Interview du Président du SNPI dans "Le Point"

Article paru dans le magazine "Le Point" du 17.01.08.

1er janvier 2009

Interview de Thierry Amouroux, PrĂ©sident du Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI CFE-CGC) : Ce n’est pas un mĂ©tier que l’on fait pour l’argent, mais ce n’est pas du bĂ©nĂ©volat non plus. On forme beaucoup d’infirmiers, mais on en use Ă©galement beaucoup.

Cela vient en grande partie de la non-reconnaissance des contraintes liées à ce métier. Les infirmiers sont de garde un week-end sur deux. Pour cette astreinte, ils sont rémunérés 45 euros par prestation...

Le travail de nuit est payĂ© 1 euro de plus par heure, soit 9 euros de plus par garde, tandis que, dans n’importe quel autre secteur, le travail de nuit ou le travail le dimanche est rĂ©munĂ©rĂ© en moyenne le double ou le triple du salaire "normal".

Les jours de congĂ©s ou de repos sont constamment modifiĂ©s, dĂ©placĂ©s. En moyenne, les infirmiers comptabilisent 14 jours d’heures supplĂ©mentaires qu’ils peuvent rarement rĂ©cupĂ©rer et qui ne sont jamais payĂ©es. Selon le rapport Acker, il n’y aurait pas moins de l million de jours Ă  rĂ©cupĂ©rer dans la fonction publique hospitalière.

Le gouvernement planche sur des solutions, car il y a urgence : avec 16.000 infirmiers formĂ©s par an, il y a encore 2.500 postes vacants en Ile-de-France. Et près de 600 postes vacants, selon l’Assistance publique des hĂ´pitaux de Marseille.

Le ministère doit entamer des nĂ©gociations en fĂ©vrier sur la reconnaissance universitaire du niveau bac + 3 et sur une Ă©ventuelle revalorisation des salaires. C’est très urgent : quand tous les infirmiers seniors seront Ă  la retraite, il n’y aura plus de transmission du savoir sur le terrain et la qualitĂ© des soins se trouvera remise en question.

TĂ©moignate recueilli par Camille Lamotte.

SPECIAL RECRUTEMENT : INFIRMIER

De 23.400 euros brut annuels pour un débutant à 34.320 euros pour un confirmé.

C’est la profession coup de cĹ“ur par excellence. Chaque annĂ©e, une promotion de 16.000 nouveaux infirmiers et infirmières dĂ©barque sur un marchĂ© du travail, extrĂŞmement fluide et polyvalent. HĂ´pitaux, cliniques, professions libĂ©rales, Ă©tablissements scolaires, et mĂŞme l’humanitaire... tous les secteurs sanitaire et social se les arrachent. Car il ne cesse d’en manquer.

La raison de cette pĂ©nurie de main-d’Ĺ“uvre ? Un manque de reconnaissance rĂ©elle, par le salaire et par les conditions de travail. Exemple : les infirmiers sont diplĂ´mĂ©s bac + 3. Mais, pour des raisons budgĂ©taires, ils ne sont reconnus qu’Ă  hauteur financière de bac + 2.

Un salaire de dĂ©part correspond Ă  1.500 euros net, ce qui peut sembler satisfaisant. Mais au bout de vingt et un ans de carrière, un infirmier a dĂ©jĂ  atteint son salaire maximal : il gagnera en moyenne 2.200 euros, soit Ă  peine 700 euros de plus que sa toute première paie, et ce jusqu’Ă  sa retraite.

Les solutions de repli financier sont d’autre part peu nombreuses. Car les Ă©tablissements privĂ©s se sont alignĂ©s sur les salaires du public. Et les difficiles conditions de travail se chargent de balayer la motivation des dernières troupes. RĂ©sultat, après quelques annĂ©es d’exercice, la grande majoritĂ© des infirmiers d’une promotion jettent l’Ă©ponge et se recyclent dans un tout autre mĂ©tier.

D’ici Ă  2015, 55% des infirmiers devraient partir Ă  la retraite. Laissant derrière eux une relève quasi exsangue : deux tiers des infirmiers auraient moins de cinq ans d’expĂ©rience.

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