Maladie d’Alzheimer : déremboursement des médicaments au 01.08.18

Maladie d'Alzheimer : déremboursement des médicaments au 01.08.18

12 août 2018

Un arrêté publié au Journal Officiel prévoit que les médicaments de la maladie d’Alzheimer ne sont plus pris en charge par l’Assurance maladie à compter du 1er août 2018.
La mesure concerne 4 médicaments (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl) et leurs génériques, jusque-là remboursés à hauteur de 15 %, dont le coût pour l’Assurance maladie était évalué à environ 90 millions d’euros en 2015.

Arrêté du 29 mai 2018 portant radiation de spécialités pharmaceutiques de la liste mentionnée au premier alinéa de l’article L. 162-17 du code de la sécurité sociale (NOR : SSAS1804466A) https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2018/5/29/SSAS1804466A/jo/texte

Plus de 850 000 personnes sont aujourd’hui atteintes d’une maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Si aucun médicament ne permet à ce jour de guérir ces malades, un diagnostic dès les premiers signes est indispensable. Il permet en effet de mettre en place un parcours de soins et d’accompagnement adapté, avec des interventions visant le maintien d’une autonomie fonctionnelle des personnes, leur bien-être ainsi que le soutien de l’entourage dans son rôle d’aidant.

Respecter les droits de la personne malade

La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées se traduisent par des troubles cognitifs progressifs : troubles de la mémoire mais aussi du langage, de l’orientation, des fonctions exécutives, de la coordination des mouvements ou de la parole. Ces troubles compliquent la prise en charge des personnes et les échanges avec eux tout au long de la maladie. Pour autant, comme pour tout patient, il est indispensable de respecter ses droits et ses libertés. Tenir compte des vulnérabilités particulières liées à la maladie impose aux professionnels une attention renforcée pour toute décision relative à leur santé.

Diagnostiquer la maladie à l’origine des troubles dès les premiers signes…

Le fait de diagnostiquer la maladie dès ses premiers signes permet à la personne malade de choisir une personne de confiance, de participer aux décisions qui concernent sa santé ou son mode de vie et d’exprimer sa volonté avant que les troubles cognitifs ne soient trop sévères.

Ce guide doit aider à lutter contre la stigmatisation des malades et de ces maladies y compris chez les professionnels de santé.

Les professionnels de santé libéraux et les intervenants au domicile ont un rôle de sentinelle : ils sont ceux qui vont objectiver les premiers signes de la maladie. Le médecin généraliste, qui aura documenté un déclin cognitif, va orienter la personne vers un spécialiste d’une consultation mémoire afin de confirmer le diagnostic, déterminer la maladie en cause et réaliser un bilan neuropsychologique et fonctionnel approfondi.

… pour mettre en place un parcours de soins gradué visant le maintien de l’autonomie et le bien-être

Cette analyse globale est nécessaire à la mise en œuvre d’un parcours de soins et d’accompagnement adapté à la personne, à son entourage et à son mode de vie. Plusieurs expertises dans le champ du handicap neurologique peuvent être mobilisées, en fonction du stade de la maladie, au domicile comme en institution, avec comme objectif le maintien d’une autonomie fonctionnelle et sociale de la personne. Il est essentiel de maintenir une activité motrice par des exercices physiques adaptés et de corriger tout déficit sensoriel dès le début de la maladie.
La pratique médicale doit s’adapter, les patients étant rarement demandeurs de soins. Le médecin traitant peut s’appuyer sur un suivi infirmier notamment au domicile pour évaluer l’état de santé global, et solliciter sans délai un avis spécialisé tout au long de l’évolution de la maladie.

Tout au long du suivi, les professionnels doivent en outre veiller à l’entourage et à la charge que représente la vie auprès d’une personne vivant avec un trouble cognitif évolutif. Les aidants doivent être soutenus, accompagnés et aidés. Le médecin traitant a un rôle majeur dans le conseil aux familles, dans la compréhension de la maladie et dans la préservation de leur état de santé.

RECAPITULATIF DES TRAVAUX DE LA HAS SUR LA MALADIE D’ALHZEIMER ET LES MALADIES APPARENTEES : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2018-05/presse_dp_travaux_alzheimer.pdf

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