Coopération entre professionnels, transfert et partage de compétences

DREES : étude délirante sur les coopérations !

Les médecins généralistes ne sont pas favorables aux transferts : cela tombe bien, 87% des infirmières sont hostiles aux coopérations de l’article 51 de la loi HPST car elles refusent un simple transfert d’actes pour gagner du temps médical. Les propos issus de cette étude sont néanmoins incroyables !

17 mars 2014
DREES COOPERATION ART 51 HPST

Dans sa dernière étude publiée le 25 février 2014 et intitulée "Le médecin généraliste face au paiement à la performance et à la coopération avec les infirmiers", la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) s’est penchée sur la coopération entre médecins et infirmiers, qui relèvent de l’article 51 de la loi HPST (Études et résultats n° 873, février 2014)

Des médecins ont été interrogés à la fin 2012 : un tiers d’entre eux se déclarent favorables à des coopérations avec un infirmier sur une ou plusieurs tâches. Cependant, ce résultat est très sensible au mode de financement d’un tel dispositif : la coopération est nettement plus acceptée (dans les deux tiers des cas) dans un scénario où l’auxiliaire médical serait entièrement rémunéré par un forfait extérieur.

Selon la DREES, "Un tiers des médecins interrogés sont favorables à la délégation d’une ou plusieurs tâches à une infirmière qui serait rattachée à leur cabinet pour quelques permanences dans la semaine". Le SNPI doit-il en conclure que si l’IDE réalisait les mêmes actes dans son propre cabinet elle serait plus dangereuse ?

Toujours selon la DREES, "Pour les deux tiers des médecins, les deux principaux freins au transfert de tâches seraient la difficulté de trouver une infirmière disponible et le risque de voir leur responsabilité légale engagée. L’item « cela nuirait à la qualité des soins » arrive en dernière position, mais prend de l’importance au fur et à mesure que la prise en charge financière du délégué-infirmier par le cabinet augmente." Le SNPI s’interroge sur le lien entre la qualité des soins et le compte en banque des vertueux déléguants !

Ainsi, "Une liste de tâches « transférables » a été soumise aux médecins. Les tâches qui relèvent des compétences réglementaires du médecin, telles que les prescriptions ou encore les gestes médicaux seraient moins volontiers déléguées à une infirmière : la moitié seulement des praticiens seraient prêts à déléguer la prescription de HbA1c pour un patient diabétique et 35 % à déléguer la réalisation d’un frottis cervical. En revanche, ils sont plus de 80 % à souhaiter transférer des tâches qui relèvent de l’éducation thérapeutique du patient diabétique ou asthmatique, de l’éducation nutritionnelle, de la surveillance de la tension artérielle ou encore de l’accompagnement des patients dans l’arrêt de la consommation de tabac."

Le SNPI, Syndicat National des Professionnels Infirmiers, se désole de tant d’incompétences sur nos compétences ! Leur méconnaissance de notre profession est telle que 20% des médecins généralistes ne souhaitent pas nous déléguer des actes ou des compétences qui relèvent pourtant de notre rôle propre depuis 1978 ! Quant à la DREES, l’idée de mettre la "surveillance de la tension artérielle" dans sa liste relève du gag !

Toujours selon cette étude "Trois profils de médecins se dessinent parmi ceux qui ne sont pas totalement réfractaires à la délégation de tâches. Un premier groupe, réunissant près de la moitié des médecins, est favorable à la délégation de pratiquement toutes les tâches abordées dans le questionnaire : tâches éducatives, gestes simples (prise de la tension artérielle) ou requérant une certaine technicité (électrocardiogramme), tâches d’interrogatoire nécessitant un savoir-faire médical et tâches administratives."

Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC, se demande dans quels hôpitaux se sont formés ces brillants médecins, où pendant leurs longues années d’études et d’internat, ils étaient obligés de prendre eux-mêmes toutes les tensions des patients, et de réaliser tous les électrocardiogrammes ! Combien de vies ont ils ainsi sauvées, en protégeant leurs patients de tant d’IDE incompétentes !

Phrase de conclusion de la DREES "Enfin, à volume d’activité égal, plus la densité de médecins généralistes dans la zone d’exercice est élevée, moins il est favorable au transfert des tâches. On peut penser à un effet de concurrence : les médecins, en formulant leurs réticences concernant la délégation, pourraient manifester la crainte d’une certaine érosion de leur volume d’activité."

Effectivement, en France, en matière d’actes cliniques, le SNPI tient à souligner que la rémunération d’une consultation n’est liée ni à son niveau de difficulté ni à sa durée. Cela signifie que les consultations médicales les plus simples et les plus rapides (qui pourraient être réalisées par un autre professionnel de santé) sont au final les plus « rentables » pour les médecins. Ces derniers n’ont donc pas d’incitation financière à confier la réalisation de ces consultations à un autre professionnel !

Source : Études et résultats n° 873, février 2014 http://www.drees.sante.gouv.fr/les-...

A noter que 87% des infirmières sont hostiles aux coopérations de l’article 51 de la loi HPST car elles refusent un simple transfert d’actes pour gagner du temps médical :
- 1) la formation n’est pas validante (souvent sur le tas, par le médecin qui souhaite déléguer cette tâche), et différente d’un endroit à l’autre. Les compétences sont donc discutables, en particulier la capacité de réagir correctement en cas de problème ou de complication.
- 2) ces nouveaux actes sont pratiqués sans reconnaissance statutaire et salariale. C’est d’ailleurs une fonction « kleenex », dans la mesure où si le médecin s’en va, le protocole tombe, et l’infirmière retourne à la case départ.
- 3) les ARS ont tendance à étendre les protocoles à d’autres régions, alors qu’il n’y aucune évaluation des résultats obtenus (aucun protocole n’a un an d’existence).

« Ces protocoles de coopération permettent juste de régulariser des situations existantes, de légaliser de petits arrangements locaux » selon Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC. Mais ces protocoles ne comportent aucune garantie pour les usagers sur les qualifications et les compétences des professionnels impliqués, ainsi que sur la régularité et les modalités de leur exercice. http://www.syndicat-infirmier.com/8...

Enfin, le protocole de cancérologie de l’ARS Ile de France est tellement délirant qu’il a entrainé une levée de bouclier : http://www.syndicat-infirmier.com/L...

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