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Etude DRESS sur les jeunes diplômés

Une étude sur les cinq premières années de carrière des infirmières.

1er janvier 2009

La DREES (1) a réalisé une étude sur les cinq premières années de carrière des infirmières sorties de formation initiale en 1998, en partant de l’enquête Génération 98 du CEREQ (2). On peut ainsi comparer les débuts de carrière de 1.400 IDE diplômés en 1998 à ceux de jeunes issus d’autres formations.

À l’obtention de leur diplôme en 1998, les infirmiers sortant de formation étaient en moyenne âgés de 23 ans, et la part des femmes est toujours aussi importante (85%). On constate aussi davantage de jeunes aux origines plus modestes que les étudiants de niveau de for-mation comparable.

Avec un temps d’accès à l’emploi d’un mois en moyenne, les infirmiers paraissent nettement avantagés par rapport aux diplômés de même niveau qui doivent attendre 4 à 5 mois.

Également beaucoup moins touchés par le chômage, les IDE sont les jeunes diplômés qui, au bout de 5 ans, se trouvent le plus souvent en emploi (98,4 % d’entre eux travaillent, contre 85 % des titulaires d’un DEUG). La pro-portion d’infirmiers en formation, inactifs, ou qui ont repris leurs études est aussi très limitée.

La mobilité géographique des infirmiers a été globalement plus importante que celle des diplômés de niveau proche. Au bout de 5 ans, seuls 31 % des infirmiers habitent dans la commune où ils ont achevé leurs études. Plus de la moitié des infirmiers travaillent toutefois dans le même département.

Le premier emploi des IDE est relativement long (29 mois). Les infirmiers sont par ailleurs 38 % à avoir conservé leur premier emploi au moins jusqu’à la fin de la période étudiée.

Le premier emploi débute en majorité par un travail temporaire (CDD, stage, intérim...). Les infirmiers qui commencent par un travail à durée limitée sont majoritairement en CDD ou en stage, du fait des spécificités de la Fonction Publique Hospitalière, où il faut être stagiaire avant la titularisation (82 % des IDE recrutés par le secteur public ont commencé par un travail à durée limitée, contre seulement 69 % de ceux qui travaillent dans le privé).

Une part non négligeable de ces contrats temporaires sont en outre des missions d’intérim (6 % de l’ensemble des infirmiers).

La pratique du temps partiel se développe au long des premières années d’exercice (15 % des femmes et 6 % des hommes). Cette forte proportion doit cependant être relativisée car 2/3 des IDE à temps partiel le sont à 80 %.

Les infirmiers diplômés vont plus souvent du privé vers le public que l’inverse. Ainsi, ceux qui ont occupé plusieurs emplois au cours de ces 5 ans sont le plus souvent passés du secteur privé vers le secteur public (25 %). Le phénomène inverse (passage du public vers le privé) est beaucoup moins courant (7 %). Cinq ans après l’obtention de leur diplôme, les IDE sont ainsi 66 % à travailler dans le secteur public, alors que moins de la moitié y avaient pris leur premier poste.

Le nombre d’infirmiers libéraux s’accroît fortement dès la quatrième année suivant le diplôme, ce qui n’est pas surprenant, dans la mesure où l’exercice libéral de la profession n’est autorisé qu’au bout de 3 ans d’expérience professionnelle.

Parmi les infirmiers diplômés en 1998, 4 % ont choisi de faire du libéral au bout de 5 ans. Enfin, les infirmiers salariés interrogés sont assez nombreux à songer à exercer en libéral dans l’avenir (10 % des IDE du privé et 7 % du public).

Le salaire de premier emploi est nettement plus élevé pour les infirmiers que celui des diplômés de niveau d’études proche : la médiane des salaires mensuels à l’embauche est à 1.296 € nets pour les IDE (contre 917 € pour les DEUG et 991 € pour les DUT).

Mais l’écart se réduit déjà 5 ans après la fin des études, et le salaire de l’IDE plafonne au bout de vingt ans de carrière, alors que les autres diplômés n’ont pas les mêmes contraintes (travail de nuit et de WE).

Les infirmiers ont également une dispersion de leurs salaires plus faible que pour les autres professions (50 % d’entre eux sont payés entre 1.220 € et 1.418 € nets mensuels, soit un écart de 198 €). Les salaires nets perçus par les infirmiers lors de leur premier emploi sont globalement plus élevés dans le secteur public que dans le secteur privé (la médiane pour le secteur public est de 1.326 € nets mensuels à l’embauche contre 1.261 € pour le secteur privé).

A l’embauche, « toutes choses égales par ailleurs », les in-firmiers du secteur public gagnent environ 6 % de plus que les infirmiers du secteur privé. Par contre, le salaire médian des IDE à plein temps est quasiment identique, cinq ans après leur sortie de formation, dans le public et le privé (respectivement 1.562 € et 1.556 € nets mensuels).

Par ailleurs, un infirmier travaillant en Île-de-France est payé 6 % de plus qu’un infirmier exerçant en province. L’analyse « toutes choses égales par ailleurs » montre toujours un fort effet de la région de travail sur la rémunération obtenue par les infirmiers 5 ans après leur sortie de formation : les infirmiers d’Île-de-France gagnent ainsi environ 9 % de plus que ceux de province.

Selon cette étude, les infirmiers satisfaits de leur emploi travaillent plus souvent dans le secteur public et à temps complet. À partir des déclarations des infirmiers sur l’opinion qu’ils se font de leur emploi, la DREES a pu ainsi constituer trois groupes ayant des attitudes proches :

- Le premier (74 % des infirmiers) se considère comme plutôt bien à sa place, et regroupe les individus ayant principalement répondu qu’ils étaient embauchés au bon niveau de compétence, qu’ils se réalisaient professionnellement, qu’ils étaient correctement payés, et qu’ils ne recherchaient pas d’emploi,

- Le deuxième (12 % des infirmiers) considère plutôt qu’on lui en demande trop, et regroupe des personnes estimant qu’elles ont été embauchées au-dessus de leur niveau de compétence tout en étant mal payées,

- Le troisième (14 % des in-firmiers) manifeste la volonté de partir, et est composé de personnes estimant avoir été embauchées en dessous de leur niveau de compétence, ne pas se réaliser professionnellement, et qui cherchent un autre emploi.

Deux groupes sur les trois (représentant un quart des effectifs infirmiers sortis de formation initiale en 1998) correspondent donc à des personnes peu ou pas satisfaites du contenu ou des conditions de leur travail. Parmi les plus insatisfaits (troisième groupe), on retrouve plus d’hommes que de femmes.

Dans les deux groupes où les conditions de travail ne sont pas idéales, se retrouvent en outre davantage d’infirmiers qui travaillent dans le secteur privé, qui ont des enfants et qui sont à temps partiel. A l’inverse, les personnes à temps complet ont plus de chances de se situer dans le premier groupe, c’est-à-dire là où les personnes sont plutôt satisfaites de leur travail.

Selon cette étude du Ministère de la Santé, l’opinion des infirmiers sur leur emploi est relativement positive, sachant que 15 % d’entre eux indiquent toutefois une « volonté de partir ».

A comparer avec l’étude PRESST NEXT !

(1) DREES : Direction de la Recherche des Etudes de l’Evaluation et des Statistiques (Ministère de la Santé)

(2) CEREQ : Centre d’Etudes et de Recherches sur les qualifications

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