Haut Conseil des Professions Paramédicales (29 avril 2009)

19 mai 2009

Déclaration limi­naire de Thierry Amouroux, au titre de la CFE-CGC, au HCPP Haut Conseil des Professions Paramédicales du 29 avril 2009 :

Concernant la reconnais­sance uni­ver­si­taire des for­ma­tions para­mé­di­ca­les, nous réaf­fir­mons notre attente d’une mise en œuvre pour la ren­trée de sep­tem­bre 2009, et notre demande d’ouver­ture de négo­cia­tions sala­ria­les avec des effets visi­bles rapi­de­ment sur les fiches de paies.

Nous ne pou­vons que nous satis­faire des annon­ces de Nicolas Sarkozy et Roselyne Bachelot : reconnais­sance Licence et pas­sage en caté­go­rie A ! Hélas, l’inten­dance va dans l’autre sens, avec des ser­vi­ces minis­té­riels qui nous pro­po­sent aujourd’hui un pro­gramme de déva­lo­ri­sa­tion des études d’infir­miè­res pour la rentée de sep­tem­bre 2009 :
 la for­ma­tion de 38 mois depuis 1992 va être réduite à 34 mois : économie de 4 mois de for­ma­tion pour tous, et de 4 mois de salaire pour les pro­mo­tions pro­fes­sion­nel­les
 la durée d’étude de 4.760 heures depuis 1979 (direc­ti­ves euro­péen­nes sur un mini­mum de 4.600 heures) va être réduite à 4.200 heures
 la for­ma­tion reconnue au niveau licence, mais avec un pro­gramme de for­ma­tion com­por­tant 40 % de temps de tra­vail per­son­nel vir­tuel (1.200 heures sur les 3.000 ensei­gnées en IFSI)
 une simple reconnais­sance de "grade de licence", via un par­te­na­riat entre les IFSI et les Universités, qui prouve bien que nous ne serons pas en "uni­ver­si­ta­ri­sa­tion", et nous n’aurons pas de "diplôme de licence"

La Fédération santé CFE-CGC exige une véri­ta­ble filière pro­fes­sion­nelle LMD dans le cadre d’un diplôme, et non un simple grade de licence. Ainsi, il est incom­pré­hen­si­ble de nous dire qu’une filière en scien­ces infir­miè­res est irréa­li­sa­ble en France, alors qu’elle existe déjà dans de nom­breux pays d’Europe, sans parler du Liban et de l’Afrique fran­co­phone.

Pour la Conférence des Présidents d’Université, les Ecoles de sages-femmes vont pou­voir être rapi­de­ment inté­grées à l’uni­ver­sité, mais pas les IFSI : selon la posi­tion votée par l’assem­blée géné­rale du 16 avril 2009 "la CPU consi­dère que la déli­vrance du grade de licence cons­ti­tue un com­pro­mis per­met­tant l’enga­ge­ment du pro­ces­sus d’uni­ver­si­ta­ri­sa­tion de ces for­ma­tions, tout en per­met­tant la pour­suite de la déli­vrance du diplôme d’État en soins infir­miers."

Le Président de la com­mis­sion « santé » de la CPU, Yvon Berland a indi­qué que « la réforme sera appli­quée à la ren­trée pro­chaine pour la for­ma­tion en soins infir­miers, et pro­ba­ble­ment à la ren­trée 2010 pour les kiné­si­thé­ra­peu­tes et les ortho­pho­nis­tes... A la fin de leur cursus, les élèves infir­miers obtien­dront, en plus de leur diplôme d’exer­cice, le grade de licence, et non le diplôme de licence. En effet, il n’est pas pos­si­ble d’attri­buer deux diplô­mes pour la même for­ma­tion, et prio­rité est donnée au DE. » Pourtant les minis­tres suc­ces­sifs de la santé et de l’ensei­gne­ment supé­rieur se sont enga­gés à plu­sieurs repri­ses sur le carac­tère « double diplô­mant » des études d’infir­miè­res !

La Fédération santé CFE-CGC trouve curieux que ce qui est pos­si­ble pour les Ecoles de sages-femmes, ne le soit pas pour les para­mé­di­caux ! Deux poids, deux mesu­res ?

Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Arrêts maladie : le problème n’est pas l’abus, mais le travail qui rend malade

« L’abus d’arrêts-maladie nuit gravement à notre système de santé. » Le slogan est simple. Il (…)

Eau potable, pesticides, PFAS : le syndicat infirmier s’inquiète pour la santé des patients

Chaque jour, nous demandons à nos patients de boire davantage d’eau. Mais pouvons-nous encore (…)

Urgences saturées : les chiffres confirment ce que les infirmières dénoncent depuis des années

Quand le thermomètre reste dans le rouge pendant dix ans, ce n’est plus une crise. C’est un (…)

Urgences saturées, patients sur des brancards, soignants épuisés : ce que démontre l’étude de la DREES

Quand une personne malade attend des heures sur un brancard, ce n’est pas un problème (…)

Cancer, diabète, hypertension : encadrer enfin les additifs alimentaires !

Un soda coloré. Une sauce industrielle. Un dessert ultra-transformé. Chaque jour, des millions (…)

Ratios de patients par soignant : la clé pour prévenir les erreurs de soins

Combien d’erreurs faut-il encore pour admettre que la sécurité des patients commence par les (…)