Infirmières puéricultrices

LMD : réaction des puéricultrices de l’ANPDE

Lettre ouverte du Conseil d’Administration de l’ANPDE, à l’attention de Madame SOUFFLET-CARPENTIER, Chef du bureau de la démographie et des formations initiales DHOS / RH1

25 avril 2009

Madame,

Suite à votre mail du 4 mars 2009, l’ANPDE (Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et des Etudiantes) vous fait part de son positionnement concernant les travaux de réflexion du groupe 1 dit Licence, dans la mise en place du système LMD des professions paramédicales.

Notre association adhère et partage les mêmes revendications que le GIPSI et que l’ensemble des signataires de la pétition nationale intitulée : « Nous voulons un diplôme de Licence, pas seulement une reconnaissance de grade ! », diffusée lors de cette même réunion.

Ainsi, nous réaffirmons notre exigence d’un véritable diplôme national de Licence Universitaire, dans le cadre d’une filière complète en sciences infirmières. Ceci pour ouvrir notre profession dans un domaine de recherches offrant d’autres possibilités de carrières en sus de celles existantes, à savoir puéricultrice, cadre de santé, IADE et IBODE. Ceci conduirait à la reconnaissance des consultations infirmières, des infirmières cliniciennes, des infirmières spécialistes cliniques, des infirmières de pratiques avancées...

Dans le même temps, nous réclamons la reconnaissance financière de nos professions à leur juste valeur. Nos responsabilités envers les patients et les enfants sont importantes et le droit à l’erreur n’est pas possible.

Nous tenons à remercier l’intervention des étudiants, notamment de la FNEK (Fédération Nationale des Etudiants en Kinésithérapie), qui, dans son mail du 5 mars 2009, nous permet de régler les difficultés de ne pouvoir attribuer une Licence Universitaire aux infirmiers en formation initiale en raison des maintiens de quotas dans les instituts de formation. Il cite l’arrêté du 23 avril 2002 relatif aux études universitaires conduisant au grade de licence, dont l’article 7 stipule : "Lorsque la réglementation prévoit des conditions spéciales d’admission pour l’accès à certaines filières, les parcours correspondants sont soumis aux mêmes exigences". Ainsi, selon ce texte officiel, nous ne voyons pas en quoi la sélection représente un problème dans l’attribution d’un diplôme de licence universitaire.

Nous savons que ces travaux ne sont pas définitifs. Cependant, vous imposez une mise en place du nouveau référentiel de formation infirmière en septembre 2009 et nous n’avons qu’une idée très floue de la façon dont vont se dérouler les épreuves conduisant à la validation des unités d’enseignements. Les contrôles de connaissances sont indispensables pour la formation de futurs professionnels de qualité. Ils doivent donc être clairement décrits dans les travaux que vous présentez.

Le problème majeur du programme présenté concerne les stages. 7 stages sur 3 ans répartis sur des périodes de 10 semaines nous paraissent complètement aberrants, notamment avec les exigences sur les 4 terrains choisis. Comment voulez-vous que des étudiants valident leurs compétences techniques sur 2 stages dans ces conditions ? Comment voulez-vous que les étudiants acquièrent cette dextérité professionnelle s’ils ne la pratiquent pas régulièrement ?

L’ANPDE prend position en proposant que ces stages se découpent en stages de 5 semaines dans des lieux différents, permettant aux étudiants de découvrir plusieurs terrains professionnels et de parfaire leur dextérité dans les soins, favorisant la validation de leurs compétences techniques dans 2 stages différents. Ceci éviterait également que les étudiants soient de la main d’œuvre bon marché dans certains lieux de stage manquant cruellement de professionnels de santé.

Concernant ces fameux terrains de stage, vous n’êtes pas sans ignorer que les professionnels de santé sont en grande souffrance. Les conditions de travail sont difficiles, les soignants sont épuisés, l’hôpital est en danger. Votre nouvelle organisation de l’encadrement des étudiants en stage, qui paraît idyllique et d’une qualité indispensable pour former des infirmiers de qualité, implique la formation des professionnels du terrain, mais surtout un renforcement des effectifs dans les équipes.

Quels vont être les moyens mis en place pour un enseignement de qualité à l’hôpital ? L’ANPDE attire l’attention des ministères sur le fait que les IFSI sont peut-être prêts à se lancer dans cette réforme, mais que les professionnels de terrain ne le sont pas de leur côté : ils ne sont pas informés, ils ne sont pas formés et les conditions de travail dans l’hôpital ne permettent pas un tutorat de qualité pour les étudiants accueillis. Voici venu l’occasion pour le Ministère de la Santé d’écouter les professionnels qui sont sous sa tutelle et de les prendre en considération à leur juste valeur.

Enfin, l’ANPDE s’inquiète. Lors de la dernière réunion du groupe 2 de février 2009, nous avons entendons votre refus d’une création de masters dédiés à notre profession. Vous avez annulé la réunion du groupe 2 du 5 mars 2009, sans proposer à ce jour de nouvelle date de rencontre. Que vont devenir les infirmières puéricultrices et les infirmiers puériculteurs de France ? Comment allez-vous les intégrer dans le système universitaire ? Nous maintenons notre position pour laquelle nous exigeons une reconnaissance avec un diplôme universitaire Master, comme pour toutes les spécialités infirmières. Nous travaillons en ce moment même sur nos référentiels de formation, dont la mise en œuvre est prévue pour la rentrée 2010. Nous vous invitons à prévoir notre intégration à l’université par la même occasion et à nous reconnaître en tant que professionnels de qualité.

Notre association défend l’avenir de 13 000 puériculteurs et puéricultrices. Notre diplôme a 60 ans et nous ne le laisserons pas disparaître sans agir.

Le Conseil d’Administration de l’ANPDE

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