Violences contre les soignants : 21.000 agressions et les décrets de la loi de 2025 toujours attendus

Violences contre les soignants : collectif 12 mars

11 mars 2026

À l’appro­che de la jour­née euro­péenne de lutte contre les vio­len­ces faites aux soi­gnants, les chif­fres rap­pel­lent une réa­lité préoc­cu­pante. En 2024, près de 21.000 faits de vio­len­ces ont été signa­lés dans les struc­tu­res de santé. Les agres­sions contre les méde­cins ont aug­menté de 26 % en un an. Du côté de la pro­fes­sion infir­mière, 66 % des infir­miè­res et infir­miers décla­rent avoir déjà subi une forme d’agres­sion au tra­vail.

Ces don­nées ne disent pro­ba­ble­ment pas tout. Beaucoup de soi­gnants renon­cent désor­mais à signa­ler ou à porter plainte. Lassitude, sen­ti­ment d’aban­don, manque de réponse judi­ciaire : autant de rai­sons qui condui­sent au silence.

Pourtant, une avan­cée légis­la­tive existe. La loi visant à ren­for­cer la sécu­rité des pro­fes­sion­nels de santé, pro­mul­guée le 9 juillet 2025, devait mar­quer un tour­nant. Elle pré­voit notam­ment un ren­for­ce­ment des sanc­tions, une meilleure pro­tec­tion juri­di­que et des dis­po­si­tifs des­ti­nés à faci­li­ter les signa­le­ments. Mais un an plus tard, les décrets d’appli­ca­tion ne sont tou­jours pas publiés. Sans ces textes, la loi reste lar­ge­ment ino­pé­rante.

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI) est signa­taire du com­mu­ni­qué du col­lec­tif mobi­lisé pour la jour­née du 12 mars. Cette mobi­li­sa­tion rap­pelle une évidence : la sécu­rité des soi­gnants est une condi­tion de la sécu­rité des patients.

Car der­rière chaque agres­sion, ce ne sont pas seu­le­ment des soi­gnants qui sont tou­chés. C’est aussi la qua­lité du sys­tème de santé qui est fra­gi­li­sée. La vio­lence génère de la peur, de la démo­ti­va­tion, par­fois des départs de la pro­fes­sion. Dans un contexte déjà marqué par les ten­sions sur les effec­tifs, ce phé­no­mène devient un enjeu majeur de santé publi­que.

Protéger les soi­gnants n’est pas un pri­vi­lège cor­po­ra­tiste. C’est une res­pon­sa­bi­lité col­lec­tive. Publier les décrets atten­dus est désor­mais une urgence poli­ti­que et sani­taire. Les textes exis­tent, la loi a été votée, les cons­tats sont connus. Ce qu’il manque aujourd’hui, c’est la mise en œuvre.

Les soi­gnants ne deman­dent pas des dis­cours. Ils deman­dent des actes.

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