Diplôme, LMD et reconnaissance universitaire

Le collectif "Unité pour le LMD" refuse une licence professionnelle

Dans une lettre ouverte datée du 24 octobre 2008, ce collectif de 22 organisations a rappelé à Roselyne Bachelot sa volonté de voir la formation infirmière, inscrite dans un dispositif de formation validant une Licence, un Master et un Doctorat adossés à une discipline en sciences infirmières.

25 mai 2009

à Madame Roselyne Bachelot, Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports

Paris le 24 octobre 2008

Madame la Ministre,

Suite à la parution du rapport « évaluation de l’impact du dispositif LMD sur les formations et le statut des professions paramédicales » les vingt deux organisations signataires de la plateforme « unité pour le LMD » sollicitent d’urgence une audience au sujet de la formation des infirmières dans le dispositif LMD.

Les préconisations des rapporteurs d’inscrire la formation des infirmières dans une licence professionnelle avec d’éventuels débouchés en Master professionnel ne correspondent ni aux attentes exprimées par la profession ni aux engagements pris.

Les orientations qui se dessinent semblent augurer une approche a minima de l’inscription de la filière infirmière dans un cursus universitaire et sont préjudiciables au développement de la recherche dans la discipline en sciences infirmières.

Notre plateforme de propositions pose clairement les objectifs généraux que nous jugeons appropriés afin de guider une telle réforme.

Le contexte actuel de la santé et de l’évolution des besoins en soins nous conduit à penser que nous avons besoin de modèles d’organisation de soins innovants. Plutôt que d’aborder cette réforme sous le seul angle des coûts budgétaires il serait souhaitable de l’envisager comme la possibilité donnée aux infirmières de contribuer à trouver des réponses aux défis de santé qui vont nous être posés dans les années à venir.

Si l’on souhaite rendre plus attractive notre profession, il est impératif d’ouvrir des perspectives de carrière et ne plus se contenter de constater que la durée de vie professionnelle des infirmières est très courte.

Compte tenu des choix qui semblent se profiler avec la parution de ce rapport, il nous apparaît essentiel de rappeler notre volonté de voir la formation infirmière, inscrite dans un dispositif de formation validant une Licence, un Master et un Doctorat adossés à une discipline en sciences infirmières.

Dans l’attente de votre réponse à cette nouvelle demande d’audience, nous vous prions de bien vouloir croire, Madame la Ministre, en l’expression de notre respectueuse considération.

Le Groupe "unité pour le LMD".

***********************************************************

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

Monsieur le Président,

Lors de votre campagne présidentielle, vous vous étiez engagé auprès d’un syndicat infirmier dans un courrier du 2 mai 2007 à : « permettre, au-delà de la réévaluation générale du diplôme à Bac+3, à certaines spécialités infirmières de bénéficier d’une reconnaissance de niveau Bac +4 voire Bac +5. » Dans votre discours de Bordeaux le 16 octobre 2007 vous affirmiez : « cette réforme se fera quoiqu’il en coûte ».

Les inspections générales saisies en juillet 2007, viennent de rendre public leur rapport. Les conclusions sont affligeantes, l’argumentaire développé ainsi que les recommandations semblent loin de la finalité d’une réforme d’envergure. Le phénomène de vieillissement de la population ainsi que la recherche d’optimisation des parcours des patients ont accru le degré d’acuité et la complexité des situations de soins tant dans leur dimension technique, que sociale, relationnelle et éducative. Les besoins des populations en termes de qualité des soins ainsi que les attentes de notre profession et des étudiants se sont profondément modifiés lors de la dernière décennie.

Les inspecteurs généraux semblent plus préoccupés et motivés par la possibilité d’offrir une promotion sociale aux aides soignantes que de se pencher sur les réelles attentes de la population et des professionnels concernés. Le problème de l’attractivité de la profession n’est pas traité. Les étudiants n’obtiennent pas les mêmes droits que tous les autres étudiants universitaires.

Paradoxalement, il exclut la plus grande partie des professionnels en exercice des bénéfices de la revalorisation salariale qui découlerait des reconstructions des grilles salariales induites par cette réforme.

Les préconisations des rapporteurs, d’inscrire la formation des infirmières dans une licence professionnelle avec d’éventuels débouchés en Master professionnel ne correspondent ni aux attentes exprimées par la profession ni aux engagements que vous même et votre ministre de la santé avez pris envers notre profession.

Cette orientation tire un trait sur les possibilités de développer la recherche en soins infirmiers telle qu’elle peut être pratiquée dans les autres pays de la communauté européenne. Les conclusions de ce rapport obèrent l’optimisation de la qualité des prises en charge des soins en France car elles occultent les perspectives qu’ouvrait la création d’une discipline en science infirmière.

A la lecture de ce rapport, nous ressentons l’impression d’un retour en arrière sur l’histoire de notre profession, un mépris et une méconnaissance de l’évolution de notre profession. Nous souhaitons donc attirer votre attention sur les positions adoptées par ses auteurs dans lesquelles les professionnels que nous sommes ne se retrouvent pas.

C’est pourquoi les 22 associations et syndicats regroupés au sein de la plateforme « unité pour le LMD » en appellent à votre arbitrage.

Le Groupe "unité pour le LMD".

Document(s) joint(s) à l'article

L Bachelot (345.5 ko)
L Sarkosy (343 ko)

Partager l'info



 


toute l’Actualité