Les députés veulent une première année d’étude commune à tous les paramédicaux

27 mai 2013

Dans le cadre du débat par­le­men­taire sur la loi rela­tive à l’ensei­gne­ment supé­rieur et la recher­che débuté le 22 mai 2013 à l’Assemblée natio­nale, les dépu­tés ont adopté dans la nuit du 23 au 24 mai l’arti­cle 22 bis, issu d’un amen­de­ment approuvé en com­mis­sion des Affaires socia­les et sou­tenu par le député Olivier Véran. Le projet de loi doit encore passer par le Sénat.

Ce texte sou­haite créer, à titre expé­ri­men­tal pour une durée de six ans, une pre­mière année com­mune à cer­tai­nes for­ma­tions para­mé­di­ca­les "dont la liste est défi­nie par arrêté conjoint des minis­tres char­gés de la Santé et de l’Enseignement supé­rieur, après consul­ta­tion des repré­sen­tants, étudiants et pro­fes­sion­nels, des spé­cia­li­tés concer­nées".

Le tout, sur le même modèle de l’actuelle Première année com­mune des études de santé (PACES) mise en place à la ren­trée uni­ver­si­taire 2010-2011 pour les for­ma­tions médi­ca­les, odon­to­lo­gi­ques, phar­ma­ceu­ti­ques et de maïeu­ti­que.

M. Olivier Véran, Député socia­liste de l’Isère, est un Médecin neu­ro­lo­gue hos­pi­ta­lier : il a fait cette pro­po­si­tion sans consul­ter les orga­ni­sa­tions infir­miè­res, ni le HCPP, Haut Conseil des Professions Paramédicales.

Le SNPI est hos­tile à l’idée d’une "L1 para­mé­di­cale" sur le modèle de cette "L1 santé" créée par la loi du 7 juillet 2009, car nous sou­hai­tons le res­pect des trois filiè­res pro­fes­sion­nel­les : soins infir­miers, médico-tech­ni­que, réé­du­ca­tion. Nous ne sou­hai­tons pas que cer­tains se retrou­vent dans telle filière par dépit, au vu de ses résul­tats sco­lai­res. Nos pro­fes­sions doi­vent se faire par choix.

Il n’est pas néces­saire de faire une année com­mune pour mettre en place quel­ques cours trans­ver­saux, ou donner des notions de base concer­nant chaque métier afin de mieux pren­dre en charge le patient et de mieux com­pren­dre le tra­vail de chacun.

Ces for­ma­tions ont réflé­chi à leurs conte­nus : une nou­velle modi­fi­ca­tion ne ferait qu’ajou­ter de la confu­sion dans les dif­fé­ren­tes filiè­res. Les moda­li­tés ne sont pas les mêmes, les socles des métiers ne sont pas les mêmes, les fina­li­tés ne sont pas les mêmes ! Il serait sans doute plus inté­res­sant de ren­for­cer dans chaque filière, l’inter­dis­ci­pli­na­rité, la trans­dis­ci­pli­na­rité.

Pour Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC, "cette mesure arrive comme un cheveu sur la soupe, et va à l’encontre de l’appro­che par com­pé­ten­ces des nou­veaux réfé­ren­tiels de for­ma­tion issus de la réforme LMD des pro­fes­sions de santé. D’autant plus qu’une mis­sion IGAS et IAENR est en train de faire un bilan et doit for­mu­ler des pro­po­si­tions d’amé­lio­ra­tions, dans le cadre d’une véri­ta­ble concer­ta­tion."

Le SNPI réclame une véri­ta­ble filière LMD en scien­ces infir­miè­res :
- avec une Licence infir­mière, débou­chant en 6 semes­tres sur un diplôme de Licence, et non une simple reconnais­sance de grade comme aujourd’hui.
- un master pour les cadres de santé (option ges­tion ou péda­go­gie) et les infir­miè­res spé­cia­li­sées. Mais au delà il faut cons­truire des Master pour les infir­miè­res de pra­ti­ques avan­cées.

Quelques réac­tions de ter­rain, dans le cadre de notre consul­ta­tion :
- Les étudiants doi­vent faire un choix réflé­chi et non pas un choix par élimination pour déter­mi­ner leur future orien­ta­tion.
- Il faut éviter des for­ma­tions fourre tout car le niveau de qua­li­fi­ca­tion dimi­nuera et la sécu­rité des patients en patira.
- Pose le pro­blème de la répar­ti­tion des élèves dans TOUS les lieux de stage diver­si­fiés des spé­cia­li­tés
- C’est encore nous fondre un peu plus avec les autres métiers ...comme si fina­le­ment nous avions si peu de dif­fé­ren­ces entre nous

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