Le Conseil International des Infirmières signale que "86% des erreurs de mĂ©dication commises par les mĂ©decins, les pharmaciens et d’autres praticiens sont dĂ©tectĂ©es par les infirmières".
Ainsi que le CII le rappelle dans une prise de position officielle, la sĂ©curitĂ© des patients est un aspect fondamental de la qualitĂ© et des soins infirmiers. Selon certains experts, les erreurs de mĂ©dication sont l’une des principales causes de dĂ©cès et d’invaliditĂ©.
Ces erreurs causent davantage de dĂ©cès chaque annĂ©e que les accidents du travail. Plusieurs Ă©tudes laissent entendre que les mĂ©decins, les gestionnaires de services de santĂ© et les infirmières elles-mĂŞmes estiment que la sĂ©curitĂ© des patients ressortit avant tout de la responsabilitĂ© de la profession infirmière. Étant donnĂ© que les infirmières occupent une place centrale dans la sĂ©curitĂ© des patients, le danger existe que les erreurs puissent leur ĂŞtre imputĂ©es plutĂ´t qu’Ă des dysfonctionnements systĂ©miques.
Or, l’Ă©vidence montre que la vigilance des membres de la profession infirmière protège les patients contre les pratiques dangereuses. Par exemple, une Ă©tude a prouvĂ© que 86% des erreurs de mĂ©dication commises par les mĂ©decins, les pharmaciens et d’autres praticiens sont dĂ©tectĂ©es par les infirmières avant qu’elles ne dĂ©ploient leurs effets nĂ©gatifs. La sĂ©curitĂ© des patients doit donc ĂŞtre abordĂ©e sous l’angle d’une approche globale impliquant tous les membres de l’Ă©quipe soignante ainsi que l’encadrement.
Pourquoi les erreurs de médication se produisent-elles ?
Chaque Ă©tape des soins aux patients engendre un certain potentiel d’erreur et de risque pour la sĂ©curitĂ© des patients. La complexitĂ© des systèmes de santĂ© actuels peut susciter certains dangers pour la sĂ©curitĂ© des patients. Pour prĂ©venir les erreurs de mĂ©dication, il convient de comprendre les facteurs qui en sont Ă l’origine.
Dans une étude 5 portant sur les erreurs de prescription, il est montré que les facteurs les plus courants associés aux erreurs sont :
Les confusions dans le nom du médicament ou dans sa forme abrégée, ou dans la forme de son dosage.
Les erreurs de calcul de dosage.
Le dosage atypique, inhabituel ou dangereux.
De mĂŞme que pour d’autres problèmes de sĂ©curitĂ©, les erreurs de mĂ©dication sont dues au facteur humain ou Ă des dysfonctionnements systĂ©miques. Elles peuvent donc rĂ©sulter de problèmes liĂ©s Ă la pratique, aux produits, aux procĂ©dures ou aux systèmes. D’autres facteurs contribuent aussi Ă l’apparition d’erreurs de mĂ©dication : insuffisances dans la formation, pressions dues Ă la surcharge de travail, mauvaise apprĂ©hension des risques.
Caractéristiques des erreurs de médication
Les trois types d’erreurs les plus frĂ©quentes sont :
L’erreur par omission (un mĂ©dicament prescrit n’est pas administrĂ©).
Le dosage erroné (la dose, la force ou la quantité de médicament diffère de celle prescrite).
Les erreurs de nature, le mĂ©dicament administrĂ© n’Ă©tant pas celui prescrit.
Une analyse des erreurs de mĂ©dication peut permettre aux professionnels et aux gestionnaires de santĂ© d’identifier quels mĂ©dicaments, ou catĂ©gories de mĂ©dicaments, sont le plus souvent Ă la source d’erreurs, et prendre ainsi des mesures pour les prĂ©venir ou en limiter l’occurrence.
Des systèmes de santé sans reproche
On estime que 60% Ă 80% des Ă©vĂ©nements indĂ©sirables qui surviennent dans les soins de santĂ© sont imputables Ă des erreurs humaines. Par exemple, une analyse des anesthĂ©sies pratiquĂ©es montre que l’erreur humaine est Ă l’Ĺ“uvre dans 82% des incidents Ă©vitables ; les 18% restants sont imputables Ă des dĂ©faillances du matĂ©riel.
Cependant, constater que des accidents sont dus Ă des erreurs humaines ne doit pas conduire Ă accuser des individus particuliers ni Ă les stigmatiser. La rĂ©action habituelle en cas d’erreur est de chercher des coupables et de les punir (licenciement, procès), ou de prendre d’autres mesures visant Ă prĂ©venir la rĂ©apparition de l’Ă©vĂ©nement indĂ©sirable. Pourtant, une analyse correcte montrerait qu’il est peu probable qu’une erreur soit due Ă un seul acte commis par un seul prestataire de soins de santĂ©. De mĂŞme, le fait de rejeter la responsabilitĂ© sur un individu ne corrige en rien les facteurs de risques sous-jacents. Bien qu’une action punitive se justifie parfois (notamment en cas de nĂ©gligence dĂ©libĂ©rĂ©e), elle n’est pas un moyen efficace d’empĂŞcher la rĂ©pĂ©tition d’une erreur.
Les ĂŞtres humains commettent des erreurs pour toute une sĂ©rie de raisons souvent liĂ©es au contexte de travail. Les infirmières et les autres professionnels de la santĂ© comptent parmi les mains-d’Ĺ“uvre les mieux formĂ©es et les plus attachĂ©es Ă la qualitĂ© de leur travail. La question n’est pas celle de la prĂ©sence de mauvais travailleurs de la santĂ© dans les systèmes de soins, mais celle de la perfectibilitĂ© des systèmes eux-mĂŞmes.
Dans sa prise de Position officielle sur la sĂ©curitĂ© des patients, le CII se dĂ©clare favorable Ă une approche globale, basĂ©e sur la transparence et l’ouverture, excluant toute dĂ©marche culpabilisante Ă l’encontre de l’individu et comprenant les mesures nĂ©cessaires Ă la correction des facteurs humains et systĂ©miques Ă la source d’Ă©vĂ©nements indĂ©sirables
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