Santé publique

Les erreurs de mĂ©dication : une Ă©tude du CII

Le Conseil International des Infirmières signale que "86% des erreurs de mĂ©dication commises par les mĂ©decins, les pharmaciens et d’autres praticiens sont dĂ©tectĂ©es par les infirmières".

27 mai 2009

Ainsi que le CII le rappelle dans une prise de position officielle, la sĂ©curitĂ© des patients est un aspect fondamental de la qualitĂ© et des soins infirmiers. Selon certains experts, les erreurs de mĂ©dication sont l’une des principales causes de dĂ©cès et d’invaliditĂ©.

Ces erreurs causent davantage de dĂ©cès chaque annĂ©e que les accidents du travail. Plusieurs Ă©tudes laissent entendre que les mĂ©decins, les gestionnaires de services de santĂ© et les infirmières elles-mĂŞmes estiment que la sĂ©curitĂ© des patients ressortit avant tout de la responsabilitĂ© de la profession infirmière. Étant donnĂ© que les infirmières occupent une place centrale dans la sĂ©curitĂ© des patients, le danger existe que les erreurs puissent leur ĂŞtre imputĂ©es plutĂ´t qu’Ă  des dysfonctionnements systĂ©miques.

Or, l’Ă©vidence montre que la vigilance des membres de la profession infirmière protège les patients contre les pratiques dangereuses. Par exemple, une Ă©tude a prouvĂ© que 86% des erreurs de mĂ©dication commises par les mĂ©decins, les pharmaciens et d’autres praticiens sont dĂ©tectĂ©es par les infirmières avant qu’elles ne dĂ©ploient leurs effets nĂ©gatifs. La sĂ©curitĂ© des patients doit donc ĂŞtre abordĂ©e sous l’angle d’une approche globale impliquant tous les membres de l’Ă©quipe soignante ainsi que l’encadrement.

Pourquoi les erreurs de mĂ©dication se produisent-elles ?

Chaque Ă©tape des soins aux patients engendre un certain potentiel d’erreur et de risque pour la sĂ©curitĂ© des patients. La complexitĂ© des systèmes de santĂ© actuels peut susciter certains dangers pour la sĂ©curitĂ© des patients. Pour prĂ©venir les erreurs de mĂ©dication, il convient de comprendre les facteurs qui en sont Ă  l’origine.

Dans une Ă©tude 5 portant sur les erreurs de prescription, il est montrĂ© que les facteurs les plus courants associĂ©s aux erreurs sont :
- Les confusions dans le nom du mĂ©dicament ou dans sa forme abrĂ©gĂ©e, ou dans la forme de son dosage.
- Les erreurs de calcul de dosage.
- Le dosage atypique, inhabituel ou dangereux.

De mĂŞme que pour d’autres problèmes de sĂ©curitĂ©, les erreurs de mĂ©dication sont dues au facteur humain ou Ă  des dysfonctionnements systĂ©miques. Elles peuvent donc rĂ©sulter de problèmes liĂ©s Ă  la pratique, aux produits, aux procĂ©dures ou aux systèmes. D’autres facteurs contribuent aussi Ă  l’apparition d’erreurs de mĂ©dication : insuffisances dans la formation, pressions dues Ă  la surcharge de travail, mauvaise apprĂ©hension des risques.

Caractéristiques des erreurs de médication

Les trois types d’erreurs les plus frĂ©quentes sont :
- L’erreur par omission (un mĂ©dicament prescrit n’est pas administrĂ©).
- Le dosage erronĂ© (la dose, la force ou la quantitĂ© de mĂ©dicament diffère de celle prescrite).
- Les erreurs de nature, le mĂ©dicament administrĂ© n’Ă©tant pas celui prescrit.

Une analyse des erreurs de mĂ©dication peut permettre aux professionnels et aux gestionnaires de santĂ© d’identifier quels mĂ©dicaments, ou catĂ©gories de mĂ©dicaments, sont le plus souvent Ă  la source d’erreurs, et prendre ainsi des mesures pour les prĂ©venir ou en limiter l’occurrence.

Des systèmes de santé sans reproche

On estime que 60% Ă  80% des Ă©vĂ©nements indĂ©sirables qui surviennent dans les soins de santĂ© sont imputables Ă  des erreurs humaines. Par exemple, une analyse des anesthĂ©sies pratiquĂ©es montre que l’erreur humaine est Ă  l’Ĺ“uvre dans 82% des incidents Ă©vitables ; les 18% restants sont imputables Ă  des dĂ©faillances du matĂ©riel.

Cependant, constater que des accidents sont dus Ă  des erreurs humaines ne doit pas conduire Ă  accuser des individus particuliers ni Ă  les stigmatiser. La rĂ©action habituelle en cas d’erreur est de chercher des coupables et de les punir (licenciement, procès), ou de prendre d’autres mesures visant Ă  prĂ©venir la rĂ©apparition de l’Ă©vĂ©nement indĂ©sirable. Pourtant, une analyse correcte montrerait qu’il est peu probable qu’une erreur soit due Ă  un seul acte commis par un seul prestataire de soins de santĂ©. De mĂŞme, le fait de rejeter la responsabilitĂ© sur un individu ne corrige en rien les facteurs de risques sous-jacents. Bien qu’une action punitive se justifie parfois (notamment en cas de nĂ©gligence dĂ©libĂ©rĂ©e), elle n’est pas un moyen efficace d’empĂŞcher la rĂ©pĂ©tition d’une erreur.

Les ĂŞtres humains commettent des erreurs pour toute une sĂ©rie de raisons souvent liĂ©es au contexte de travail. Les infirmières et les autres professionnels de la santĂ© comptent parmi les mains-d’Ĺ“uvre les mieux formĂ©es et les plus attachĂ©es Ă  la qualitĂ© de leur travail. La question n’est pas celle de la prĂ©sence de mauvais travailleurs de la santĂ© dans les systèmes de soins, mais celle de la perfectibilitĂ© des systèmes eux-mĂŞmes.

Dans sa prise de Position officielle sur la sĂ©curitĂ© des patients, le CII se dĂ©clare favorable Ă  une approche globale, basĂ©e sur la transparence et l’ouverture, excluant toute dĂ©marche culpabilisante Ă  l’encontre de l’individu et comprenant les mesures nĂ©cessaires Ă  la correction des facteurs humains et systĂ©miques Ă  la source d’Ă©vĂ©nements indĂ©sirables

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