Actions du Lobby infirmier

Les infirmières exclues du plan Alzheimer !

Réaction de la FNI suite à la publication du rapport de la commission chargée de l’élaboration de propositions pour un plan national concernant la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées, « Plan Alzheimer, la F.N.I. cherche infirmiers désespérément » ! (communiqué du 13.11.07)

8 décembre 2008

La F.N.I. a pris connaissance du rapport de la Commission chargée de l’élaboration de propositions pour un plan national concernant la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées, rendu public le jeudi 8 novembre. Elle a pris note du temps de concertation annoncée par le Professeur Ménard, auteur de ce rapport, et y répondra. Elle tient, en revanche, à exprimer ses regrets les plus vifs de devoir, encore une fois, apporter sa contribution en marge et a posteriori sur un rapport déjà « bouclé » faute de vision infirmière à la commission.

Si, selon les propos du Professeur Joël Ménard, « le rôle essentiel des familles et des soignants qui assistent les personnes aux fonctions comportementales et cognitives altérées, par une aide discrète ou par la prise en charge d’une dépendance totale doit être reconnu », force est de constater que les infirmiers sont les grands absents de ce rapport et de sa prospective. La commission ne semble pas avoir repéré la présence et le professionnalisme des infirmiers auprès de ces patients pour ce qui concerne leur prise en charge et leur suivi, que ce soit au sein des services hospitaliers aigus, soins de suite, USLD, EHPAD ou au domicile.

Les conclusions du rapport confirment, une nouvelle fois et sans surprise, que la commission mise en place (dont personne n’a jugé utile d’y intégrer un infirmier) reste fortement influencée par une vision hospitalocentrée et sociale du problème qui ne prend pas en compte en France, contrairement à la majorité des autres pays, le rôle joué par l’infirmier ou qu’il pourrait jouer à l’avenir dans ce domaine, notamment en terme de développement de la recherche et des soins au-delà d’un rôle de coordination.

La place que l’on veut bien concéder aux infirmiers dans ce rapport reste donc, encore une fois, déconnectée des pratiques réelles et du rôle que nous jouons au quotidien. Ce constat nous réaffirme sans ambiguïté que si, dans de nombreux pays, l’infirmier est considéré comme un des interlocuteurs incontournables sur les questions de santé et de suivi des personnes âgées avec les résultats que l’on connaît en terme de performance, particulièrement en matière de soins au sein de la « communauté » au plus près des lieux de vie, pour la France tout reste à faire sur ce positionnement.

La F.N.I. regrette cet état de fait alors qu’elle avait fait part, dès le mois de juin, au Président de la République son souhait de s’engager de manière moderne et opérationnelle dans tous ces chantiers susceptibles d’améliorer la qualité et la sécurité des soins et notamment celui-ci.

La F.N.I. réaffirme qu’il est urgent que la politique de santé et ses leaders intégrent une vision modernisée de la profession et du rôle qu’elle joue au quotidien. Sur ce point, contrairement aux craintes du Professeur Ménard, le lobby infirmier ne l’a pas « instrumentalisé au-delà du raisonnable », bien au contraire !! Force est de constater que « si les membres de la commission ont parfaitement perçu les effets d’aubaines imaginés par certains groupes professionnels, scientifiques ou commerciaux » ils n’ont absolument pas perçu « l’aubaine et l’intérêt » de reconnaître et promouvoir un rôle infirmier dans la recherche, dans les soins et le suivi de ces patients.

Si, selon les propos du Professeur Ménard dans sa lettre introductive, la France attend toujours St Louis, les infirmières, en ce qui les concerne, rêvent de la sage influence de Blanche de Castille pour apporter une prospective opérationnelle en matière de soin et de recherche dans un domaine où l’infirmière tient et doit tenir une place reconnue. Si les voeux du Président de la République sont d’« éviter certaines erreurs du passé », il convient sur ce sujet de sortir de cette exception française qui consiste à occulter systématiquement le rôle et le service rendu aux patients par les infirmiers dans ce domaine comme dans d’autres.

Philippe TISSERAND, Président de la F.N.I.

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