Exercice professionnel

Prescription médicamenteuse par téléphone en régulation médicale

Ces recommandations ne concernent que la téléprescription médicamenteuse dans le cadre de la régulation médicale.

9 juin 2009

Ces recommandations ont été rédigées r 2009 par la HAS à la demande de la DHOS. Elles ont pour objectif de définir des bonnes pratiques en matière de prescription médicamenteuse par téléphone (téléprescription) dans le cadre de la régulation médicale, afin :
- de garantir l’homogénéité de cette pratique et la qualité de la réponse apportée aux patients sur tout le territoire ;
- d’améliorer le délai d’accès aux médicaments pour les patients qui doivent en disposer rapidement ;
- de sécuriser les professionnels impliqués quant à leur responsabilité lors de cette activité ;
- de permettre la production de supports de formation des médecins concernant cette pratique.

Source

Quels médicaments peuvent être prescrits dans le cadre de la régulation médicale ?

L’information du patient est un élément essentiel de la prise en charge, elle comprend :
- les mesures non médicamenteuses pouvant être instaurées (à privilégier si possible) ;
- les modalités de prise d’un médicament et ses éventuels effets secondaires (à compléter par le pharmacien en cas de dispensation en officine) ;
- l’obtention du consentement du patient ;
- la vérification de la compréhension du patient (reformulation par le patient, compréhension de l’utilité de la prescription, de sa nature et sa durée, des conditions de délivrance et des consignes de surveillance).

Lors d’une prescription par téléphone :
- préférer les médicaments dont l’administration temporaire présente le moins de risque pour le patient ;
- conseiller de préférence un médicament disponible dans la pharmacie familiale et se limiter aux médicaments conditionnés sous forme unitaire tout en respectant la date et les conditions de péremption (en particulier pour les produits liquides reconstitués) ;
- vérifier que les présentations disponibles dans la pharmacie familiale sont bien adaptées à l’âge du patient.

En cas de nécessité d’adaptation d’une prescription médicale antérieure et en l’absence du prescripteur initial :
- retracer l’anamnèse de la maladie, relire l’ordonnance du médecin prescripteur avec le patient et vérifier la bonne observance au traitement ;
- en cas de rupture d’un traitement chronique, conseiller au patient de se rendre à la pharmacie avec son ancienne ordonnance ;
- préciser au patient d’informer le médecin prescripteur habituel et/ou le médecin traitant dès que possible.

Les situations pour lesquelles une prescription médicamenteuse téléphonique lors de la régulation médicale pourrait être proposée sont les suivantes :
- demande de soins non programmés nécessitant un conseil médical ou thérapeutique pouvant aboutir à une prescription médicamenteuse (médicament présent ou absent de la pharmacie familiale), après avoir éliminé une urgence vitale ou une urgence vraie nécessitant un examen médical immédiat
- situations nécessitant en urgence l’adaptation d’une prescription préalable (par exemple adaptation des posologies en fonction des résultats d’analyses biologiques, de l’état clinique du patient, etc.) alors que le patient et/ou le médecin régulateur n’ont pu joindre le médecin prescripteur.

Elles nécessitent les conditions suivantes :
- le médecin régulateur s’est identifié auprès du patient ;
- le patient accepte une prescription médicamenteuse par téléphone et a bien compris les détails de l’ordonnance ou de la prescription ;
- le patient est informé qu’en cas de persistance des symptômes, de leur aggravation ou d’apparition de nouveaux symptômes, la situation doit être réévaluée par un rappel au médecin régulateur ou lors d’une consultation médicale ;
- la nécessité d’un retour auprès du médecin traitant, dans les plus brefs délais.
- une prescription pour une durée limitée et non renouvelable. La limite de temps doit être fonction de l’analyse par le médecin régulateur de la situation clinique du patient et de son environnement. Cette durée doit être la plus courte possible et en aucun cas elle ne peut dépasser 72 heures.

Ainsi, dès lors que le médecin régulateur a un doute sur le niveau de gravité de l’état du patient ou sur ses capacités de compréhension ou d’adhésion à la prescription, il est recommandé de ne pas faire de prescription par téléphone.

Modalités de la prescription médicamenteuse dans le cadre de la régulation médicale

Caractéristiques à évaluer en fonction de l’appelant et/ou du patient - Évaluer la compréhension de l’appelant sur sa capacité à mettre en oeuvre le traitement prescrit : en cas de doute éventuellement rechercher l’assistance d’un proche avec l’accord du patient.
- De préférence s’entretenir par téléphone directement avec le patient.

Si l’appelant est un professionnel de santé (non médecin) : adapter la réponse aux compétences de l’appelant et vérifier que :
- le médecin en charge du patient ou le médecin de garde de l’établissement a été appelé préalablement ;
- l’appelant a pris connaissance de toutes les informations médicales dont il peut disposer concernant le patient, même les plus récentes ;
- les moyens de surveillance du patient ;
- la prescription sera mentionnée dans le dossier du patient et que le médecin en charge du patient en sera informé dès que possible.

Et rappeler qu’en cas d’aggravation ou de persistance des symptômes, l’appelant devra reprendre contact avec le centre de régulation ou le médecin en charge du patient.

Quelles sont les modalités de la prescription médicamenteuse dans le cadre de la régulation médicale

Les informations indispensables à recueillir avant de prescrire - Confirmation du nom et prénom du patient et son lien avec l’appelant ;
- âge et le sexe du patient ;
- antécédents d’allergie, grossesse ou allaitement en cours ;
- traitements en cours : les traitements au long cours éventuels, ceux prescrits récemment, ceux pris en automédication dans les dernières 24 h ;
- s’il y a déjà eu une consultation médicale pour les symptômes motivant l’appel.

Et en cas de prescription accompagnée d’une ordonnance écrite  :
- le poids déclaré du patient ;
- les coordonnées du médecin traitant, si possible ;
- le nom et l’adresse de la pharmacie qui aura été identifiée avec le patient (pharmacie de garde ou pharmacie choisie par le patient selon les possibilités) et où le médecin régulateur adressera l’ordonnance.

Les mentions obligatoires et les mentions complémentaires recommandées à faire figurer sur l’ordonnance

L’ordonnance écrite doit être transmise, à la pharmacie déterminée avec le patient, de préférence par courriel sécurisé et en cas d’impossibilité par télécopie. Il est recommandé de rappeler à l’appelant de se munir de la carte Vitale du patient avant de se rendre à la pharmacie.
- Toute prescription faite par téléphone doit pouvoir être clairement identifiée comme telle en portant par exemple la mention « Téléprescription ».
- Le pharmacien doit pouvoir vérifier l’origine et l’identité du prescripteur. Ces informations doivent donc être mentionnées sur l’ordonnance écrite.
- Sur l’ordonnance écrite, faire figurer au minimum les mentions figurant dans le modèle type (voir annexe)
- En particulier : le nom commercial, la DCI, si besoin la forme galénique, et le dosage préconisé en fonction de l’âge et du poids du patient.

Document(s) joint(s) à l'article

HAS (63.5 ko)

Partager l'info



 


toute l’Actualité