Quel a été l’impact sanitaire de la canicule de 2006 ?

9 août 2006

Conséquences modérées selon un communiqué de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

La France a connu depuis le 7 juillet une vague de cha­leur impor­tante dans sa durée et son étendue : au plus fort de l’épisode, les 25 et 26 juillet, 56 dépar­te­ments répar­tis dans 14 régions ont été concer­nés. Cette vague de cha­leur s’est ter­mi­née le 2 août.

Sur le plan de la mor­bi­dité :
 des aug­men­ta­tions ponc­tuel­les des pas­sa­ges dans les ser­vi­ces hos­pi­ta­liers ont été cons­ta­tées dans cer­tai­nes régions. Cependant, une partie de ces aug­men­ta­tions pou­vait être expli­quée par l’acti­vité tou­ris­ti­que, en par­ti­cu­lier dans les dépar­te­ments du lit­to­ral ;
 les recours pour alté­ra­tion de l’état géné­ral chez les per­son­nes âgées (malai­ses et/ou déshy­dra­ta­tion) qui avaient été enre­gis­trés dans les hôpi­taux, notam­ment en Ile-de-France entre le 25 et le 28 juillet, ont dimi­nué depuis pour reve­nir au niveau observé avant la période cani­cu­laire ;
 l’acti­vité des Samu et SOS méde­cins en rap­port avec des malai­ses liés à la cha­leur, qui avait aug­menté dans plu­sieurs régions (Ile-de-France, Aquitaine, Centre, Rhône-Alpes, Est), de même que le nombre d’inci­dents de type « coup de cha­leur » ayant conduit à un pas­sage aux urgen­ces, est désor­mais reve­nue à un niveau habi­tuel pour la saison.

Sur le plan de la mor­ta­lité ont été signa­lés comme pro­ba­ble­ment liés à la cha­leur :
 66 décès de per­son­nes âgées de 75 à 99 ans, le plus sou­vent déjà mala­des ;
 12 décès sur­ve­nus sur des lieux de tra­vail pour des per­son­nes expo­sées à la cha­leur du fait de leur pro­fes­sion ;
 4 décès de per­son­nes se livrant à des acti­vi­tés spor­ti­ves (3 ran­don­neurs et un cyclo­tou­riste) ;
 3 décès de per­son­nes sans domi­cile fixe (Bordeaux, Saint-Ouen et Malakoff) ;
 26 décès de per­son­nes âgées de moins de 75 ans pré­sen­tant le plus sou­vent une patho­lo­gie sous-jacente (cancer, forte obé­sité, dia­bète,...) de nature psy­chia­tri­que dans 8 cas ;
 enfin, depuis le der­nier com­mu­ni­qué qui fai­sait men­tion du décès par hyper­ther­mie mali­gne d’un nour­ris­son de 15 mois en Eure-et-Loire, aucun autre décès d’enfant n’a été signalé à l’InVS.

Aucune aug­men­ta­tion glo­bale de la mor­ta­lité n’a cepen­dant pu être mise en évidence à ce jour dans les dépar­te­ments concer­nés par la vague de cha­leur. Un bilan com­plet et défi­ni­tif de cet épisode sera com­mu­ni­qué ultè­rieu­re­ment..

Outre les per­son­nes âgées, les tra­vailleurs, les spor­tifs, les SDF, les per­son­nes en mau­vaise condi­tion phy­si­que et les enfants peu­vent être vic­ti­mes de coup de cha­leur. L’InVS rap­pelle que les vagues de cha­leur même en-des­sous des seuils cani­cu­lai­res, peu­vent s’accom­pa­gner d’un accrois­se­ment de la mor­ta­lité, sur­tout pour les per­son­nes mala­des, fra­gi­les ou vul­né­ra­bles.

Il convient donc de rester très vigi­lant et de rap­pe­ler à tous les conseils de pré­ven­tion qui figu­rent notam­ment sur les sites inter­net de l’InVS (www.invs.sante.fr), du minis­tère de la Santé et des Solidarités (www.sante.gouv.fr) et de l’Institut natio­nal de pré­ven­tion et d’éducation pour la santé (www.inpes.sante.fr).

Communiqué de presse de l’InVS - 3 août 2006

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