Santé mentale, psychiatrie

Santé mentale : audition du SNPI à l’Assemblée Nationale

6 avril 2013

Le SNPI a été auditionné le 22 février 2013 par la mission d’information sur la santé mentale et l’avenir de la psychiatrie de l’Assemblée nationale « La priorité sera de travailler sur la loi du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques [en partie censurée par le Conseil constitutionnel], qui doit être réformée avant le 1er octobre prochain, a déclaré Denys Robiliard (PS), rapporteur de la mission. On réfléchira à la psychiatrie plus largement dans un second temps. »

Sur la question de l’hospitalisation sous contrainte, au cœur de cette loi, le syndicat infirmier de la CFE-CGC a dénoncé les difficultés entraînées par l’obligation d’accompagner les patients au tribunal afin que le juge des libertés et de la détention statue sur leur cas. « C’est le plus gros problème de cette loi, a lancé Thierry Amouroux, secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). Souvent, il faut attendre plusieurs heures, les patients sont très inquiets de cette audience, ils se demandent « ce qu’ils ont fait », cela nécessite une réassurance permanente pour certains. Nous demandons que les audiences se déroulent dans les centres hospitaliers, ce qui éviterait par ailleurs de dégarnir les services de soins. »

Le SNPI demande aussi la fin de l’expérimentation des médiateurs en santé mentale, qui consiste à ce que d’anciens malades soient salariés et intégrés aux équipes de soins.

Thierry Amouroux a affirmé que le recours à la contention en psychiatrie tendait à augmenter en raison d’un manque de personnel criant, et d’une charge de travail croissante. Le fait conduire les malades au tribunal réduit encore la présence des soignants dans les services. La "perte de sens" qui en résulte engendre "un turn-over important" dans les équipes soignantes, car la contention n’est pas une simple option, mais un moyen de dernier recours.

Master en santé mentale

Depuis la suppression du diplôme d’infirmier de secteur psychiatrique (ISP), en 1992, la formation initiale en santé mentale des infirmiers ne s’effectue plus que dans le cadre des études de soins généraux. Le SNPI ne souhaite pas un retour à l’ancien système à deux filières, mais il y a un problème de "perte de compétences" depuis 1992, qui ne fait qu’augmenter avec les départs en retraite des anciens ISP, car les IDE formés aujourd’hui manquent d’une formation permettant de répondre à la diversification des soins offerts en psychiatrie.

Le secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI-CFE-CGC), Thierry Amouroux, a donc demandé la création d’un cadre statutaire d’infirmier spécialisé en psychiatrie et santé mentale, dans le cadre d’une formation universtaire en Master 2. Il faudrait au moins un tel professionnel par unité de soins pour aider les équipes soignantes, et assurer la prise en soins des patients complexes. Leur présence serait également souhaitables dans les services d’urgences des hôpitaux généraux, qui manquent de telles compétences.

Il existe déjà un master de sciences cliniques en soins infirmiers à l’Université de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines qui propose une spécialisation en psychiatrie et santé mentale, mais il faut encore créer le métier statutaire pour que les professionnels formés puissent bénéficier d’une reconnaissance statutaire, avec une grille salariale, sur le modèle des IBODE, puéricultrices et IADE.

Les syndicats d’infirmiers devraient être à nouveau auditionnés par la mission parlementaire d’ici la fin de ses travaux, a affirmé son rapporteur, le député Denys Robiliard (PS, Loiret).

Voir également :
- http://www.infirmiers.com/actualite...
- http://www.espaceinfirmier.com/actu...
- http://www.actusoins.com/12964/nouv...
- http://http5.assembleenationale.yac...

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