Conditions de travail, QVT

Sondage : une profession infirmière inquiète, aux conditions de travail dégradées

Le sondage Ipsos / Wolters Kluwer réalisé à l’occasion du salon Infirmier présente une profession inquiète, qui juge que ses conditions de travail se sont dégradées ces dernières années. Cela n’empêche pas les infirmiers de rester motivés et très attachés à leur métier.

1er mars 2011

Wolters Kluwer publie les résultats d’une enquête réalisée par l’Institut Ipsos à l’occasion de l’ouverture du Salon Infirmier à la porte de Versailles les 3-4-5 novembre prochains. Ce sondage a été réalisé auprès de 303 infirmiers, constituant un échantillon représentatif de cette population en termes de sexe, d’âge, de secteur d’activité et de région (méthode des quotas), interrogés par téléphone du 23 au 29 septembre 2010.

Une profession inquiète, surtout dans le secteur hospitalier public…

Lorsqu’ils pensent à leur métier, 60% des infirmiers ressentent de l’inquiétude. C’est le premier sentiment évoqué pour décrire leur état d’esprit actuel et il est particulièrement ressenti par les infirmiers exerçant dans le secteur hospitalier public (64% contre 57% pour ceux travaillant dans le privé et 49% dans le secteur libéral). Leur perception de l’avenir est tout aussi pessimiste : 75% se disent inquiets lorsqu’ils pensent à leur avenir professionnel en tant qu’infirmier.

… mais toujours très motivée et attachée à ses missions :

près de la moitié des infirmiers (49%) expriment également de la motivation pour qualifier leur état d’esprit actuel. Ils se montrent par ailleurs massivement attachés à leur profession :
- 81% considèrent que même si leur métier est difficile, il n’est pas question pour eux d’en changer actuellement.
- Seuls 17% affirment qu’il leur arrive souvent de souhaiter changer de métier et pensent le faire un jour, tandis que les personnes envisageant un changement rapide sont encore plus rares (2%).

Une situation qui s’est globalement dégradée :

les infirmiers considèrent globalement que leur situation s’est détériorée depuis ces dernières années, notamment en ce qui concerne
- le niveau de stress (56%),
- la reconnaissance de leur travail par les pouvoirs publics (55%)
- et le rythme de travail (51%).
- Une majorité relative se dégage également pour déplorer une dégradation des conditions de travail (45%).

En revanche, les infirmiers se montrent moins négatifs concernant le niveau de rémunération, les perspectives d’évolution dans le métier et la reconnaissance de leur travail par les médecins et les patients : sur tous ces sujets, ils estiment majoritairement que la situation n’a pas changé depuis ces dernières années.

Certaines réformes concernant leur métier sont approuvées :

la reconnaissance du Diplôme d’Etat Infirmier comme diplôme de niveau licence est largement approuvée (87% pensent que c’est une bonne chose), tout comme l’extension des domaines pour lesquels ils pourraient être autorisés à effectuer des prescriptions médicales (70%).

Les infirmiers sont en revanche plus réservés concernant la mise en place d’Agences Régionales de Santé (58% pensent que c’est une bonne chose, 21% que c’est une mauvaise chose et 21% ne sont pas capables de se prononcer, sans doute parce qu’ils ne savent pas de quoi il s’agit).

Le passage de la catégorie B à la catégorie A suscite des réactions plus mitigées :

cette évolution est approuvé globalement par 53% des infirmiers, mais les principaux intéressés sont beaucoup plus partagés (47% des infirmiers exerçant dans le secteur hospitalier public pensent que c’est une bonne chose, 42% sont de l’avis inverse) et quand on leur explique ce que cela implique (revalorisation salariale mais départ en retraite plus tardif) et qu’on leur demande ce qu’ils pensent faire,
- 45% préfèrent rester en catégorie B,
- contre 39% qui pensent passer en catégorie A
- et 16% qui ne savent pas encore.

Les plus jeunes se montrent en revanche majoritairement favorables au changement de statut.

L’âge de départ en retraite fait débat :

les infirmiers sont divisés sur l’âge maximum auquel ils pensent pouvoir exercer dans de bonnes conditions (48% citent un âge inférieur ou égal à 55 ans, 45% un âge supérieur). Ces résultats masquent de fortes disparités selon le secteur d’activité, les personnes exerçant en libéral plaçant majoritairement la barre à 60 ans ou plus, tandis que leurs collègues du secteur hospitalier public jugent largement que l’âge limite pour exercer dans de bonnes conditions est 55 ans ou moins (et ce quel que soit leur choix concernant le changement de statut).

Diaporama complet sur le site d’IPSOS http://www.ipsos.fr/ipsos-public-af...

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