Suicides infirmiers : ils n’ont aucun respect pour nos morts

suicides infirmiers

12 février 2017

Maltraitance institutionnelle : leur mépris n’a pas de limite, pour eux nous sommes des pions.

En quel­ques mois, six pro­fes­sion­nels infir­miers se sont donné la mort, soit sur leur lieu de tra­vail, soit en lais­sant une lettre expli­cite sur la souf­france au tra­vail qui a motivé leur pas­sage à l’acte.

En 2016, nous avons été cho­qués des silen­ces de la minis­tre, plus prompte à pleu­rer les vitres cas­sées de l’hôpi­tal Necker, que de réagir aux 5 pre­miers sui­ci­des infir­miers, nou­veau signe de son mépris envers notre pro­fes­sion.

Mais ces der­niers jours, le com­por­te­ment de la tech­no­struc­ture est inad­mis­si­ble.

Le 2 février, l’Igas, l’ins­pec­tion géné­rale des Affaires socia­les, a publié son rap­port suite à l’enquête ouverte fin août pour éclaircir les condi­tions du sui­cide d’un cadre infir­mier de l’hôpi­tal de Saint-Calais, le 5 juillet 2016. Dans ses cour­riers envoyés à la direc­tion du centre hos­pi­ta­lier, à l’ARS et à sa famille, ce pro­fes­sion­nel met­trait direc­te­ment en cause la direc­tion de l’établissement. Au final, les ins­pec­teurs de la mis­sion dédoua­nent la direc­tion de l’établissement, tout en reconnais­sant cer­tai­nes ten­sions dans l’établissement. Un nau­séa­bond "res­pon­sa­ble mais pas cou­pa­ble". Ces enquê­teurs de l’admi­nis­tra­tion cen­trale concluent qu’« il n’a pas été relevé de défaut d’orga­ni­sa­tion de l’établissement, ni de faute ou déci­sion inap­pro­priée de la direc­tion » concer­nant ce cadre de santé, même s’ils écrivent que l’homme avait clai­re­ment fait le lien dans une lettre entre son tra­vail et son sui­cide. Selon ces enquê­teurs, le poste auquel il allait être affecté était très dif­fi­cile,... mais adapté à un nou­veau diplômé ! https://www.fran­ce­bleu.fr/infos/faits-divers-jus­tice/sui­cide-l-hopi­tal-de-saint-calais-l-ins­pec­tion-des-affai­res-socia­les-dedouane-la-direc­tion-de-l-eta­blis­se­ment-1486068519

La nuit du 5 au 6 février, un infir­mier de l’hôpi­tal pari­sien Georges Pompidou s’est défe­nes­tré. Il est venu spé­cia­le­ment un jour de repos sur son lieu de tra­vail pour mettre fin à ses jours, après avoir mis sa tenue de tra­vail, son mes­sage est donc clair. Non, pour la direc­tion on ne peut pas faire le lien avec les condi­tions de tra­vail ! Même cela, ils ne le res­pec­tent pas. C’est dire le fossé entre cette tech­no­struc­ture et le per­son­nel hos­pi­ta­lier : vivants, ils ne nous écoutent pas, morts, ils refu­sent de nous enten­dre.

Le 10 février, la direc­tion de l’hôpi­tal du Havre vient à la télé pré­sen­ter son rap­port pour expli­quer que les gens avaient besoin de parler, après le sui­cide le 24 juin 2016 d’une infir­mière de 44 ans. La honte sur eux : 7 mois après son sui­cide, la direc­tion ne l’a tou­jours pas reconnue en acci­dent du tra­vail. Dans sa lettre d’adieu, elle met en cause ses condi­tions de tra­vail en dégra­da­tion cons­tante. En poste en méde­cine, elle est envoyée en rem­pla­ce­ment en réa­ni­ma­tion pédia­tri­que. Bien qu’ayant signalé qu’elle ne se sen­tait pas à la hau­teur pour assu­mer autant de res­pon­sa­bi­li­tés dans un ser­vice dont elle ne connaît pas les pro­to­co­les et l’empla­ce­ment du maté­riel, elle n’est pas enten­due, et de nou­veau dépla­cée. Les infir­miè­res pous­sées au sui­cide par la souf­france au tra­vail et la mobi­lité impo­sée ne sont que des klee­nex pour eux ? Que font le minis­tère et la FHF pour obli­ger cette direc­tion à assu­mer ses res­pon­sa­bi­li­tés dans cette tra­gé­die ? Assez d’enquê­tes, des actes ! Responsables et cou­pa­bles !
http://fran­ce3-regions.fran­cet­vinfo.fr/nor­man­die/seine-mari­time/pays-de-caux/havre/havre-resul­tats-enquete-apres-sui­cide-infir­miere-1194539.html

"Prendre soin de ceux qui nous soi­gnent" pré­ten­dait Marissol Touraine, tandis que ses ser­vi­teurs zélés pra­ti­quaient l’inverse. Pour ces gens là, nous sommes de sim­ples pions sur leur échiquier hos­pi­ta­lier. Mais ce sont eux les roua­ges de la machine, mépri­sants et mépri­sa­bles, alors que nous les infir­miè­res nous incar­nons l’huma­nité !

Face à cette mal­trai­tance ins­ti­tu­tion­nelle, à leur condes­cen­dance, à leur mépris, à leur arro­gance, réa­gis­sez, faites vous enten­dre lors de la grande mobi­li­sa­tion infir­mière du mardi 7 mars, à l’appel des prin­ci­pa­les orga­ni­sa­tions infir­miè­res : http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Mouvement-infir­mier-uni­taire-du-7.html

Le préa­vis de grève est en télé­char­ge­ment http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Preavis-de-greve-SNPI-mobi­li­sa­tion,2525.html

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