Tétanos : 8 morts en France, alors que la vaccination aurait permis d’éviter la totalité des cas

16 décembre 2018

Le téta­nos a infecté 35 per­son­nes en France de 2012 à 2017, dont huit sont mortes, alors que la vac­ci­na­tion aurait permis d’éviter la tota­lité des cas, indi­que Santé publi­que France dans son bul­le­tin épidémiologique heb­do­ma­daire.

Grace à la vac­ci­na­tion, la mala­die a for­te­ment régressé de 1960 (plus de 450 cas et 300 décès) à 2006 avant de reve­nir. Les 35 cas décla­rés sont prin­ci­pa­le­ment des per­son­nes âgées (71 % avaient 70 ans ou plus) mais aussi, pour trois cas, de jeunes gar­çons âgés de 3, 4 et 8 ans. Tous les cas dont le statut vac­ci­nal a pu être docu­menté étaient non ou mal vac­ci­nés. Parmi les trois enfants, celui âgé de 4 ans avait une vac­ci­na­tion incom­plète (deux des trois doses pré­vues pour la primo vac­ci­na­tion) et les deux autres n’étaient pas vac­ci­nés.

Le téta­nos est une mala­die aiguë grave, sou­vent mor­telle en l’absence de prise en charge lourde (réa­ni­ma­tion). Elle est due à une toxine pro­duite par une bac­té­rie (Clostridium tetani) natu­rel­le­ment pré­sente dans la terre. La conta­mi­na­tion peut s’effec­tuer par n’importe quelle bles­sure, cou­pure ou plaie banale. Dans 75 % des cas on retrouve comme porte d’entrée une bles­sure minime, souillée par de la terre ou des débris végé­taux, mais la part prise par les plaies chro­ni­ques n’est pas négli­gea­ble.

Cette mala­die n’est pas conta­gieuse. Une cou­ver­ture vac­ci­nale élevée dans la popu­la­tion ne pro­tège donc pas les sujets non ou mal vac­ci­nés. Seule la vac­ci­na­tion indi­vi­duelle com­plète (incluant les rap­pels) pro­tège contre l’infec­tion.

Les cas et les décès qui per­sis­tent pour­raient être très faci­le­ment évités par la vac­ci­na­tion sys­té­ma­ti­que des adul­tes par l’ana­toxine téta­ni­que, avec une amé­lio­ra­tion de l’appli­ca­tion de la poli­ti­que des rap­pels et, en cas de plaie, par la vac­ci­na­tion et l’admi­nis­tra­tion d’immu­no­glo­bu­li­nes spé­ci­fi­ques humai­nes.

Chez les nour­ris­sons et les enfants, le calen­drier vac­ci­nal pré­voit une primo-vac­ci­na­tion com­por­tant deux doses de vaccin com­biné à 2 mois d’inter­valle, admi­nis­trées à l’âge de 2 et 4 mois, sui­vies d’une dose de rappel à l’âge de 11 mois. Cette pri­mo­vac­ci­na­tion est obli­ga­toire chez l’enfant. Les rap­pels ulté­rieurs doi­vent être faits à l’âge de 6 ans puis entre 11 et 13 ans.

A l’âge adulte, les rap­pels sont admi­nis­trés à l’âge de 25, 45 et 65 ans puis tous les 10 ans (à 75, 85, 95 ans...) compte tenu de l’immu­no­sé­nes­cence (vieillis­se­ment du sys­tème immu­ni­taire contri­buant chez la per­sonne âgée, à l’aug­men­ta­tion de l’inci­dence des mala­dies infec­tieu­ses mais aussi à la dimi­nu­tion de la qua­lité de la réponse vac­ci­nale).

Plus de détails :
 http://invs.san­te­pu­bli­que­france.fr/fr../Dossiers-the­ma­ti­ques/Maladies-infec­tieu­ses/Maladies-a-pre­ven­tion-vac­ci­nale/Tetanos/Donnees-epi­de­mio­lo­gi­ques
 https://vac­ci­na­tion-info-ser­vice.fr/Les-mala­dies-et-leurs-vac­cins/Tetanos

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