Transfert des cotisations sociales salariales vers la CSG : Une duperie pour les salariés

8 mars 2018

Communiqué confédéral CFE-CGC du 08.03.18

Le trans­fert des coti­sa­tions socia­les sala­ria­les vers la CSG est pré­senté par le gou­ver­ne­ment comme une mesure de gain de pou­voir d’achat pour les sala­riés. Le Premier Ministre le rap­pe­lait encore le 6 jan­vier der­nier : « avec notre poli­ti­que, le tra­vail paie ».

Alors que les négo­cia­tions sala­ria­les annuel­les sont en cours dans de nom­breu­ses entre­pri­ses, l’argu­ment du gain de pou­voir d’achat induit par ce trans­fert s’avère lar­ge­ment uti­lisé de manière avouée ou cachée, en par­ti­cu­lier dans les gran­des entre­pri­ses, pour jus­ti­fier des pro­po­si­tions de poli­ti­que sala­riale très modes­tes et insuf­fi­san­tes pour com­pen­ser l’infla­tion et per­met­tre les aug­men­ta­tions sala­ria­les accom­pa­gnant les évolutions de car­rière.

La publi­ca­tion des résul­tats 2017 des grands grou­pes fran­çais fait glo­ba­le­ment res­sor­tir des résul­tats finan­ciers en forte hausse (+21%) et des pro­po­si­tions de divi­den­des en aug­men­ta­tion. Alors que les pers­pec­ti­ves économiques s’amé­lio­rent, la CFE-CGC dénonce une telle exploi­ta­tion du dis­po­si­tif gou­ver­ne­men­tal qui confine à la dupe­rie : Le gain de pou­voir d’achat promis aux sala­riés est réduit à zéro, le trans­fert ne fai­sant que com­pen­ser la hausse de l’infla­tion, et se retrouve versé aux action­nai­res des gran­des entre­pri­ses.

Les sala­riés per­çoi­vent main­te­nant clai­re­ment que la poli­ti­que sala­riale des entre­pri­ses ne géné­rera pas d’aug­men­ta­tion de leur pou­voir d’achat, comme le montre l’enquête men­suelle de conjonc­ture de l’Insee publiée le 27 février der­nier avec une nette dégra­da­tion (baisse de 6 points en un mois !) de la confiance des ména­ges dans leur situa­tion finan­cière future.

Les retrai­tés, à qui le gou­ver­ne­ment avait expli­qué que l’appli­ca­tion de la hausse de la CSG aux pen­sions était un geste de soli­da­rité envers les sala­riés, sont les din­dons d’une vilaine farce. Eux aussi com­pren­nent main­te­nant que leur baisse de reve­nus ne sert pas l’objet affi­ché et témoi­gnent d’un fort méconten­te­ment. Les fonc­tion­nai­res sont également sous la pres­sion de la sta­gna­tion sala­riale et d’un pou­voir d’achat en berne.

Les négo­cia­tions sala­ria­les doi­vent être fon­dées sur une dis­cus­sion trans­pa­rente sur le par­tage de la valeur ajou­tée, comme le sti­pule le Code du Travail. La pra­ti­que est sou­vent bien dif­fé­rente, cer­tai­nes direc­tions pré­fé­rant le chan­tage en mena­çant d’appli­quer uni­la­té­ra­le­ment une poli­ti­que sala­riale revue à la baisse en cas de non conclu­sion d’un accord majo­ri­taire sur la base de pro­po­si­tions basses : Pas vrai­ment qua­li­fia­ble de dia­lo­gue social loyal !

Alors que le pou­voir poli­ti­que sou­haite un retour de la confiance en l’avenir et entre acteurs, la CFE-CGC appelle à un sur­saut rapide de consi­dé­ra­tion pour nos conci­toyens et de loyauté dans les négo­cia­tions socia­les.

Communiqué confé­dé­ral CFE-CGC du 08.03.18

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