Une infirmière libérale violemment agressée dans le Vaucluse

10 février 2011

Communiqué de presse FNI

Vendredi 14 jan­vier 2011, à 20h30, alors qu’elle ter­mi­nait ses visi­tes à domi­cile à la rési­dence de l’Aygues à Orange, une infir­mière libé­rale a subi de graves vio­len­ces parce qu’elle refu­sait de donner les clefs de son véhi­cule pro­fes­sion­nel à son agres­seur qui l’avait repé­rée et qui l’atten­dait sur le par­king.

« On n’expli­que pas les gestes de défense qu’on peut avoir » expli­que-t-elle à ceux qui pen­sent qu’on ne risque pas sa vie pour une voi­ture, para­doxa­le­ment c’est d’abord le souci des patients qui lui res­taient à visi­ter qui a guidé sa réac­tion. Réflexe pro­fes­sion­nel qui aurait pu lui coûter la vie !

L’agres­seur s’est enfui au volant du véhi­cule de l’infir­mière qui, le visage en sang et souf­frant d’une frac­ture ver­té­brale, a d’abord contacté ses col­lè­gues pour pren­dre le relais de sa tour­née avant d’appe­ler au secours pour elle-même !

Confrontée à cette énième agres­sion et après l’assas­si­nat le 23 décem­bre 2006 de notre consœur Elisabeth Stibling par un de ses patients, la Fédération Nationale des Infirmiers exprime son indi­gna­tion en regard des ris­ques pro­fes­sion­nels encou­rus par les infir­miè­res de proxi­mité dans une société en manque de repè­res. Indignation exa­cer­bée par l’atti­tude du gou­ver­ne­ment envers les infir­miè­res lors du récent débat por­tant sur la réforme des retrai­tes, au cours duquel Roselyne Bachelot n’a pas hésité à contes­ter la péni­bi­lité du métier.

La mis­sion des infir­miè­res libé­ra­les ne doit rien au dévoue­ment, elle doit être aujourd’hui reconnue avec force à la hau­teur de l’enga­ge­ment de ces pro­fes­sion­nels en faveur d’une acces­si­bi­lité aux soins adap­tée aux besoins de leurs patients sans exclure les quar­tiers les plus défa­vo­ri­sés.

La FNI salue la récente ini­tia­tive de l’Ordre National des Infirmiers qui vient d’ini­tier une réflexion sur le sujet des vio­len­ces faites aux infir­miè­res, en confiant à Emmanuel BOULARAND, infir­mier de santé au tra­vail, la mis­sion d’élargir le recueil des don­nées hos­pi­ta­liè­res à l’exer­cice ambu­la­toire. La FNI par­ti­ci­pera avec le Centre National des Professions de Santé à la réu­nion prévue le 21 jan­vier 2011 au minis­tère de l’Intérieur en vue d’élaborer un guide d’infor­ma­tion sur la conduite à tenir, notam­ment lors des visi­tes de nuit ou dans cer­tai­nes zones répu­tées sen­si­bles.

Concernant l’agres­sion de notre consœur et adhé­rente du Vaucluse, compte tenu du fait que ses bles­su­res entraî­ne­ront six mois d’inca­pa­cité pro­fes­sion­nelle, la FNI lance au titre de l’entraide et de la soli­da­rité entre confrè­res une sous­crip­tion auprès de ses syn­di­cats dépar­te­men­taux pour lui appor­ter une aide finan­cière et pour l’aider à retrou­ver confiance en l’avenir.

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