Colmar 2026 : le Conseil national du SNPI prépare l’avenir

Colmar 2026 : le Conseil national du SNPI prépare l’avenir

16 juin 2026

Les 12 et 13 juin, le Conseil natio­nal du SNPI était réuni à Colmar pour pré­pa­rer l’avenir de la pro­fes­sion infir­mière et sa contri­bu­tion aux besoins de santé de la popu­la­tion.

Dans un contexte marqué par les dif­fi­cultés d’accès aux soins, le vieillis­se­ment de la popu­la­tion, l’aug­men­ta­tion des mala­dies chro­ni­ques et les ten­sions sur les effec­tifs soi­gnants, notre pro­fes­sion dis­pose aujourd’hui d’oppor­tu­ni­tés iné­di­tes pour mieux répon­dre aux atten­tes des patients.

Nos tra­vaux ont porté sur plu­sieurs évolutions majeu­res.

D’abord, les nou­veaux textes qui redé­fi­nis­sent l’exer­cice infir­mier. Consultation infir­mière, diag­nos­tic infir­mier, pres­crip­tion, pré­ven­tion, coor­di­na­tion des par­cours : ces avan­cées per­met­tent de mieux uti­li­ser les com­pé­ten­ces des infir­miè­res au ser­vice de la popu­la­tion. Ce qui nous a permis de rebon­dir sur l’avis HAS rela­tif à la pres­crip­tion infir­mière.
https://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Avis-HAS-sur-la-pres­crip­tion-infir­miere-flui­di­fier-le-par­cours-des-patients-ou.html

Nous avons également échangé sur la mise en œuvre des ratios de patients par infir­mière. Derrière ce sujet sou­vent pré­senté comme une reven­di­ca­tion pro­fes­sion­nelle, il s’agit avant tout d’un enjeu de sécu­rité des patients. Les études inter­na­tio­na­les mon­trent qu’une charge en soins exces­sive aug­mente les ris­ques d’événements indé­si­ra­bles, de com­pli­ca­tions et de mor­ta­lité. Or en France nous avons 2 fois plus de patients qu’auto­risé par les normes inter­na­tio­na­les.
https://syn­di­cat-infir­mier.com/Mise-en-oeuvre-des-ratios-soi­gnants-par-lit-ouvert-contri­bu­tion-du-SNPI.html

Nous avons également échangé sur un para­doxe préoc­cu­pant : alors que les besoins de santé aug­men­tent, le sys­tème conti­nue de perdre des infir­miè­res expé­ri­men­tées. Les soi­gnants ne quit­tent pas leur enga­ge­ment auprès des patients par manque de moti­va­tion. Ils quit­tent des orga­ni­sa­tions qui les empê­chent de bien soi­gner. Sous-effec­tifs, sur­charge chro­ni­que, rap­pels sur repos, impos­si­bi­lité de pren­dre le temps néces­saire avec les patients et rému­né­ra­tions infé­rieu­res d’envi­ron 10 % au salaire infir­mier moyen observé dans les pays euro­péens com­pa­ra­bles ali­men­tent cette désaf­fec­tion. Chaque départ repré­sente une perte d’exper­tise, de com­pé­ten­ces et de qua­lité pour le sys­tème de santé. Fidéliser les infir­miè­res est devenu un enjeu de santé publi­que au même titre que former de nou­veaux pro­fes­sion­nels.

La réforme de la for­ma­tion infir­mière, qui entrera en vigueur à la ren­trée de sep­tem­bre 2026, a également occupé une place impor­tante dans nos débats. Les besoins de santé évoluent. Les com­pé­ten­ces des infir­miè­res doi­vent évoluer elles aussi. Renforcer le rai­son­ne­ment cli­ni­que, la consul­ta­tion, la pré­ven­tion, l’éducation à la santé et la coor­di­na­tion cons­ti­tue un inves­tis­se­ment pour l’avenir de notre sys­tème de santé.

Ces deux jour­nées ont aussi permis de par­ta­ger les réa­li­tés de ter­rain vécues dans les établissements de santé, les struc­tu­res médico-socia­les, les soins à domi­cile, l’exer­cice libé­ral, la santé sco­laire, la santé au tra­vail ou encore la psy­chia­trie.

La richesse de la pro­fes­sion infir­mière réside dans cette diver­sité d’exer­ci­ces, mais aussi dans sa capa­cité à faire émerger des solu­tions concrè­tes à partir des besoins des patients.

Nous tenons à remer­cier cha­leu­reu­se­ment Virginie Flamisset, pré­si­dente du SNPI et direc­trice adjointe de l’IFSI de Colmar, ainsi que l’ensem­ble des mem­bres du Conseil natio­nal pour la qua­lité des échanges et leur enga­ge­ment au ser­vice de la pro­fes­sion infir­mière.

Ces jour­nées se tenaient dans la suite du congrès confé­dé­ral de la CFE-CGC, qui s’est déroulé les 11 et 12 juin à Strasbourg, avec une pré­sence SNPI dans les 1200 congres­sis­tes.
https://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Dialogue-social-et-sante-le-SNPI-porte-la-voix-de-la-pro­fes­sion-infir­miere-au.html

Nos tra­vaux ont rap­pelé une convic­tion forte : la pro­fes­sion infir­mière n’est pas seu­le­ment confron­tée aux dif­fi­cultés du sys­tème de santé. Elle cons­ti­tue l’une des clés pour y répon­dre.

Parce que ren­for­cer les infir­miè­res, c’est amé­lio­rer l’accès aux soins.

Parce que reconnaî­tre leurs com­pé­ten­ces, c’est mieux répon­dre aux besoins de santé de la popu­la­tion.

Parce que chaque patient a besoin d’une infir­mière à ses côtés, au bon moment, au bon endroit.

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