Pénibilité du travail infirmier

Mission "Pénibilité au travail" de l’Assemblée Nationale (30.01.08)

Thierry Amouroux, le Président du syndicat infirmier de la CFE-CGC, a été auditionné le 31.01.08 par la "Mission d’information sur la Pénibilité au travail" animée par le Député Jean-Frédéric Poisson.

26 avril 2009

La pénibilité du travail infirmier est de plusieurs natures (physique, psychique, mentale) :
- augmentation de la charge de travail : diminution de la durée moyenne de séjour, hausse de la gravité des cas(du fait du développement des alternatives à l’hospitalisation, des hôpitaux de jour, etc.), manque d’effectifs
- horaires perturbant la vie personnelle : travail de nuit, en horaires alternés, en "grande équipe", repos décalés ou supprimés, etc.
- manutention de malades ou de charges lourdes,
- exposition aux produits toxiques (produits de chimio, etc.)

La pression psychologique s’est aggravée ces dernières années avec :
- la peur des aggressions, suite à une hausse de l’aggressivité (particulièrement aux urgences), et à la médiatisation de certaines affaires
- un sentiment de solitude du fait du manque d’effectif

Surtout, il y a une véritable insatisfaction au travail avec la distance entre ce que nous sommes, et ce que l’on nous demande de faire au quotidien. Il faut cesser de nous amener à enchaîner les actes de soins, au dépend du sens qui motive ces soins : l’infirmière a besoin de penser son action, et non d’être une simple exécutante d’actes techniques. De plus en plus, nous quittons le travail en nous sentant coupable de ne plus pouvoir faire notre travail comme nous aimerions le faire.

L’infirmière hospitalière a le sentiment d’être réduite à une technicienne spécialisée dans une usine à soins.

Le SNPI CFE-CGC estime que cette pénibilité doit être reconnue à toute infirmière, qu’elle exerce dans le public ou dans le privé, au travers d’un départ anticipé à la retraite.

La loi Fillon de 2003 sur la réforme des retraites à accordé à partir du 1er janvier 2008 une majoration de durée d’assurance au fonctionnaire hospitalier égale à un dixième de la période de service (par exemple 1 an pour 10 ans effectués) lire l’article, les études ayant montré que l’espérance de vie d’une infirmière pensionnée à la CNRACL est inférieure de plusieurs années à celle d’une femme française.

Mais rien n’a été prévu pour une infirmière exerçant dans le privé. Or au cours de sa carrière, une IDE exerce souvent dans les trois secteurs (public, privé, libéral), il nous semble donc logique de raisonner en pénibilité liée au métier, et non au statut. Aussi, le SNPI CFE-CGC réclame une majoration de durée d’assurance pour toutes les infirmières salariées

La réforme des retraites de 2003 demandait aux employeurs de négocier dans les trois ans la reconnaissance de la pénibilité ouvrant droit à un départ anticipé à la retraite, mais rien n’a été fait, y compris sur le travail de nuit des femmes. C’est inacceptable pour les infirmières, dont environ une sur cinq part à la retraite en état d’invalidité !

Aussi, que vous exerciez en secteur public, privé ou libéral, nous vous invitons à faire reconnaitre la pénibilité du travail infirmier dans le secteur privé : signez et faites signer la pétition en téléchargement !

La "réparation" est une chose, mais la "prévention" est indispensable pour faire baisser le nombre d’IDE en invalidité : Le SNPI CFE-CGC propose donc que les infirmières expérimentées, lors de leur fin de carrière, soient à mi-temps en poste dans leur service, et à mi-temps assurent :
- le tutorat des nouvelles diplômées, des infirmières de l’équipe de suppléance, des infirmières intérimaires,
- l’encadrement des étudiants en soins infirmiers en stage dans le pôle,
- des cours en IFSI sur leur domaine d’expertise,
- des consultations infirmières pour assurer l’accompagnement, la relation d’aide et l’éducation thérapeutique des patients.

Pour le SNPI CFE-CGC il convient d’organiser les secondes parties de carrière, afin de tenir compte à la fois de l’usure professionnelle et du problème de la transmission des savoirs issus de l’expérience :
- pendant longtemps, le brassage dans les services entre les nouveaux savoirs théoriques apportés par les nouvelles diplômées et les savoirs pratiques issus de l’expérience acquise par les infirmières expérimentées permettait une bonne qualité des soins,
- aujourd’hui, on constate déjà un déséquilibre démographique, avec beaucoup d’infirmières qui ont moins de cinq ans de diplôme, et des IDE à dix ans de la retraite,
- d’ici 2015, 55 % des IDE partent à la retraite avec un pic vers 2012, alors que la durée de vie professionnelle d’une IDE reste faible (12 ans), et que la charge de travail limite les échanges professionnels : le "compagnonnage" naturel ne sera donc plus assuré.

Afin de prévenir l’épuisement professionnel, l’employeur devrait aussi être capable de souplesse, pour permettre à une IDE qui a besoin de "souffler", de changer quelques semaines de service, afin de se "reconstituer", avant de reprendre son poste d’origine.

Pour que l’infirmière puisse diversifier son parcours professionnel, le SNPI CFE-CGC souhaite que la formation continue assure des formations d’enrichissement des pratiques cliniques infirmières. En effet, de plus en plus les formations sécuritaires ou institutionnelles (incendie, accréditation, système informatique, nouvelle gouvernance, tarification, etc.) concentrent les efforts de formation, aux dépends des besoins réels des professionnels.

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Pétition (292.5 ko)

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