Conditions de travail, QVT

Danger : nos conditions de travail augmentent le risque d’erreurs de soins

A chaque patient supplémentaire par infirmier correspond une hausse de 7% du risque de mort pour le patient.

4 mars 2014

Thierry Amouroux, secrétaire général du syndicat national des professionnels infirmiers SNPI CFE-CGC, était l’invité du Magazine de la Santé le 26 février 2014, pour réagir à l’étude du LANCET (vidéo ci-dessous).

Les chercheurs ont analysé les rapports d’hospitalisation de plus de 420.000 patients âgés de plus de 50 ans ayant bénéficié d’une intervention chirurgicale (sur 300 hôpitaux européens). Si le taux de mortalité 30 jours après l’intervention était assez bas (1 à 1,5%), il existait de fortes disparités entre les différents établissements.

Une corrélation très nette est apparue entre cette mortalité d’une part, et la formation des infirmières et leur charge de travail d’autre part.

Selon les données publiées dans The Lancet, pour chaque nouveau patient dont une infirmière a la charge, la probabilité pour que l’un de ces patients décède dans les 30 jours suivant son admission augmente de 3% à 10%.

A chaque patient supplémentaire par infirmier correspond une hausse de 7% du risque de mort pour le patient. Et, chaque augmentation de 10% de la proportion d’infirmière qualifiée niveau license se traduit par une baisse de 7% de la mortalité, calculent-ils.

La réduction des effectifs infirmiers par souci d’économie pourrait affecter l’état de santé des patients, avertissent les auteurs pour lesquels mettre davantage l’accent sur l’éducation de cette profession pourrait réduire les décès évitables à l’hôpital.

L’étude a été fait en Belgique, Angleterre, Finlande, Irlande, Pays-Bas, Norvège, Espagne, Suède et Suisse. Au Canada et aux Etats-Unis, des études abondent dans le même sens.

"Ces résultats suggèrent qu’un niveau sûr de personnel infirmier pourrait contribuer à réduire la mortalité chirurgicale, et remettre en question l’idée largement répandue que l’expérience desinfirmières et plus importante que leur formation/éducation", estime le Pr Linda Aiken (Etats-Unis, University of Pennsylvania’s School of Nursing), responsable de ce travail, dans une déclaration accompagnant l’article.

Selon Thierry Amouroux, secrétaire général du syndicat national des professionnels infirmiers, interrogé dans Le Magazine de la Santé (voir vidéo http://www.allodocteurs.fr/actualit...), "La surcharge de travail entraine un risque d’erreurs.

"Lorsqu’on vous oblige à revenir sur vos jours de repos, à enchainer les gardes de l’après-midi avec celles du matin, on vous pousse à l’erreur", détaille-t-il. "Travailler 12 heures de suite avec une grande concentration, c’est un véritable problème".

"Ce qui manque en France, c’est le niveau intermédiaire entre l’infirmière à bac+3 et le médecin à bac +9 ou +12. Dans d’autres pays, il existe des infirmières avec un niveau master qui peuvent faire davantage de soins et prescrire un certain nombre de médicaments comme les sages-femmes", conclut M. Amouroux.

Source : Nurse staffing and education and hospital mortality in nine European countries : a retrospective observational study L.H. Aiken, W. Sermeus, The Lancet, 26 fev. 2014 doi:10.1016/S0140-6736

Voir également :
- http://www.syndicat-infirmier.com/M...
- Erreurs de médicaments : règles à observer
- Responsabilite juridique de l’infirmière
- Fiche HAS sur l’administration des médicaments
- Les erreurs de medication,
- Les patients paient le prix du manque de personnel et des surcharges de travail,
- Erreurs à l’hôpital : le point de rupture est atteint,
- http://www.sudouest.fr/2011/03/11/l...
- http://www.la-croix.com/Actualite/S...
- http://www.france-info.com/france-j...
- http://www.jim.fr/en_direct/pro_soc...

Partager l'info



 


toute l’Actualité