Universitarisation de la formation infirmière dans les pays francophones

7 février 2011

Séminaire international sur les enjeux de l’universitarisation de la formation infirmière - 22 octobre 2010, Lausanne (Suisse)

En collaboration avec l’institut et la Haute Ecole de la Santé
La Source de Lausanne (Suisse), le SIDIIEF a tenu un séminaire
international sur |e thème Un système sanitaire en change-
ment : |es enjeux de l’universitarisation de la formation infirmière
Ce séminaire était organisé à l’occasion du dixième anniversaire
du SIDIIEF et s’inscrivait également dans le cadre du Xllle Sommet
de la Francophonie qui s’est déroulé à Montreux, Suisse, du 22
au 24 octobre 2010.

Le but du séminaire était de faire un état des lieux de l’universitarisation de la formation infirmière dans les différents pays francophones. Ainsi, des représentants de la Suisse, de la France, de la Côte d’Ivoire, du Liban et du Canada, notamment de l’Ontario et du Québec, ont échangé sur ce sujet d’actualité.

Plusieurs conférenciers ont apport des points de vue différents
sur ces questions et ont fait état de la situation propre leur
pays. Tous s’accordent sur l’importance de l’amélioration de
la formation infirmière initiale et sur le fait qu’elle devrait être
inscrite dans une filière universitaire licence master doctorat
(LMD).

Toutefois, une mise en garde a également été faite : le
rehaussement de la formation infirmière au niveau universitaire
est essentiel mais n’est pas une fin en soi et ne répond pas à
tous les problèmes concernant la profession infirmière. II ne faut
pas négliger également l’importance de la réglementation du
champ d’exercice de la profession qui est très souvent mal défini
dans nombre de pays ainsi que des stratégies d’attraction et de
fidélisation des infirmières et infirmiers.

Gyslaine Desrosiers, présidente de l’Ordre des infirmières et
infirmiers du Québec et du SIDIIEF, a rappelé à chacun que "le
discours universitaire, aussi important soit-il, n’est pas suffisant
lui seul pour mener une action politique. Si nous nous
comprenons entre nous, il faut encore faire l’effort d’être compris
par les décideurs et |es politiques. II est impératif d’adapter nos
arguments et de traduire nos aspirations en pistes de solution
qui ont une résonance pour les décideurs, notamment en
abordant les questions purement économiques des soins. Par
exemple, il ne suffit pas de dire que !es formations de haut niveau
assurent sécurité et qualité et le démontrer avec des statistiques
épidémiologiques (infections, mortalité–hospitalisation, complications, etc.), il nous faut maintenant avoir l’audace de chiffrer les coûts de la non-qualité et armer sans ambages en quoi et dans quelle mesure l’infirmière fait la différence".

Outre la plénière, l’un des faits saillants du séminaire a été la présentation par Jacinthe Pépin, professeure de la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal et directrice du Centre d’innovation en formation infirmière (CIFI), des résultats préliminaires du rapport sur les profils de formation infirmière dans différents pays de la Francophonie. Ce rapport dresse un portrait diversifié et non standardisé, bien qu’on puisse y observer une tendance l’amélioration de la formation infirmière à l’échelle mondiale.

Egalement, une jeune diplômée du nouveau programme
de bachelor en Suisse est venue témoigner de la pertinence de sensibiliser les étudiants infirmiers à l’importance de la recherche en sciences infirmières. Ainsi, elle a expliqué que ses cours sur l’initiation à la recherche dans le cadre de ses études de bachelor lui ont permis de mieux comprendre les bienfaits de la recherche pour l’amélioration et le renouvellement de la pratique infirmière. Elle a exprimé le souhait que les liens se resserrent davantage entre la pratique et la recherche.

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