Peut-on défendre tous les droits lorsqu’on a combattu certains d’entre eux ?

Peut-on défendre tous les droits lorsqu’on a combattu certains d’entre eux ?

11 juillet 2026

Le Défenseur des droits n’est pas un res­pon­sa­ble poli­ti­que. Il est le garant d’une ins­ti­tu­tion indé­pen­dante ins­crite dans la Constitution. Sa mis­sion est de pro­té­ger les liber­tés fon­da­men­ta­les, de lutter contre les dis­cri­mi­na­tions, de défen­dre les droits des usa­gers des ser­vi­ces publics et de veiller au res­pect de l’égalité de trai­te­ment.

Cette fonc­tion exige une qua­lité essen­tielle : ins­pi­rer une confiance abso­lue à toutes celles et tous ceux qui sai­sis­sent cette ins­ti­tu­tion.

C’est pour­quoi la pro­po­si­tion de nommer François-Noël Buffet sus­cite de pro­fon­des inquié­tu­des.

Au cours de son par­cours poli­ti­que, il a défendu des posi­tions sur le mariage pour tous, la pro­créa­tion médi­ca­le­ment assis­tée, l’inter­rup­tion volon­taire de gros­sesse ou encore l’immi­gra­tion qui inter­ro­gent légi­ti­me­ment sa capa­cité à incar­ner, demain, l’uni­ver­sa­lité des droits et l’impar­tia­lité atten­dues du Défenseur des droits.

Il ne s’agit pas de contes­ter le plu­ra­lisme démo­cra­ti­que ni le droit de chacun à ses convic­tions.

Il s’agit de rap­pe­ler qu’une fonc­tion cons­ti­tu­tion­nelle aussi essen­tielle doit être exer­cée par une per­son­na­lité dont l’indé­pen­dance, l’impar­tia­lité et l’enga­ge­ment en faveur de l’égalité ne puis­sent faire l’objet d’aucun doute.

À l’heure où les dis­cri­mi­na­tions pro­gres­sent, où les vio­len­ces envers les femmes demeu­rent mas­si­ves, où les per­son­nes LGBTQIA+ conti­nuent de subir des actes de haine, où les pro­fes­sion­nels dénon­cent des attein­tes aux liber­tés syn­di­ca­les et où les frac­tu­res socia­les s’aggra­vent, notre démo­cra­tie a besoin d’un Défenseur des droits qui ras­sem­ble et pro­tège, pas d’une nomi­na­tion qui divise.

Comme orga­ni­sa­tion repré­sen­tant les infir­miè­res et les infir­miers, le SNPI est quo­ti­dien­ne­ment confronté aux consé­quen­ces des iné­ga­li­tés socia­les, des dis­cri­mi­na­tions et des rup­tu­res d’accès aux droits. Nous savons qu’une per­sonne ne demande de l’aide à une ins­ti­tu­tion que si elle est convain­cue qu’elle sera écoutée avec la même consi­dé­ra­tion, quel­les que soient son ori­gine, son orien­ta­tion sexuelle, ses convic­tions, son état de santé ou sa situa­tion sociale.

Le SNPI est affi­lié à la confé­dé­ra­tion CFE-CGC, qui appelle les par­le­men­tai­res à mesu­rer plei­ne­ment les enjeux de cette nomi­na­tion et inter­pelle le Président de la République. Le Défenseur des droits doit être une per­son­na­lité reconnue pour son enga­ge­ment en faveur de l’égalité, de l’uni­ver­sa­lité des droits et du res­pect de l’État de droit. Fidèle à ses valeurs, la CFE-CGC conti­nuera de défen­dre les liber­tés fon­da­men­ta­les, la jus­tice sociale et l’égalité de trai­te­ment pour toutes et tous.
https://www.cfecgc.org/salle-de-presse/com­mu­ni­ques-de-presse/nomi­na­tion-de-fran­cois-noel-buffet-en-qua­lite-de-defen­seur-des-droits-le-mau­vais-can­di­dat-au-bon-poste

Le 15 juillet, les dépu­tés vote­ront ou non la nomi­na­tion de François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits. Vous pouvez agir à votre niveau en signant la péti­tion :
https://www.change.org/p/d%C3%A9fenseur-des-droits-une-nomi­na­tion-d%C3%A9terminante-pour-les-droits-et-libert%C3%A9s

Le Parlement porte une res­pon­sa­bi­lité majeure. Au-delà d’un nom, c’est la cré­di­bi­lité d’une ins­ti­tu­tion essen­tielle à l’État de droit qui est en jeu.Les droits fon­da­men­taux ne doi­vent jamais deve­nir une varia­ble d’ajus­te­ment poli­ti­que.

Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Mortalité infantile : l’IGAS alerte, le SNPI propose d’agir avec les infirmières

Pendant des années, le débat sur la périnatalité s’est résumé à une question : faut-il fermer ou (…)

Enfants remis à la rue : pourquoi le logement est aussi une urgence de santé publique

Combien d’enfants faut-il remettre à la rue pour considérer qu’une ligne budgétaire est (…)

Après les malades, le gouvernement cible désormais les victimes d’accidents du travail

Alerte ! Être malade coûte de plus en plus cher. Être blessé par son travail pourrait bientôt (…)

Franchises médicales : le gouvernement fait payer davantage les malades chroniques

Un euro sur une boîte de médicaments. Un euro sur un soin infirmier. Un euro sur une séance de (…)

Violences à l’hôpital : faciliter les plaintes et sécuriser les soignants

Chaque jour, des infirmières, des soignants, sont victimes d’insultes, de menaces, de crachats (…)

Rebâtir l’hôpital : les cinq priorités pour sauver le service public de santé

L’hôpital français ne s’effondre pas faute de compétences. Il vacille parce que notre système de (…)